un moment de calme ...avec
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Même avec un carnet d'adresses bien rempli , vous ne connaissez pas Fleur de Ptilak . C'était un ami personnel et mystérieux de Monsieur Paul (lui , vous le connaissez ), cet ancien cap-hornier et aventurier qui a enchanté notre enfance .
Fleur de Ptilak n'était pas une jolie petite conquête asiatique de Monsieur Paul . Pas du tout . C'était un vieil Indien d'Amérique du Nord (mais aucun de nous ne se souvient de quelle tribu) , qui était devenu l'ami de Monsieur Paul au cours de mémorables aventures américaines qu'il nous détaillait sans se faire prier .
Il semble bien , en y repensant , que Fleur de Ptilak ait été pour beaucoup dans l'ample connaissance magico-oenologique qu'avait Monsieur Paul , et les soirées passées ensemble n'avaient pas dû toutes être monotones . Monsieur Paul avait appris auprès de lui une foule de choses qui nous sidéraient , comme imiter à la perfection le chant des oiseaux , au point qu'ils arrivaient à tire d'aile auprès de lui , voire se posaient sur le vieux chapeau qu'il arborait dès qu'on allait "à la campagne" (même si ce n'était qu'au Bois de Saint Cucufa) .
Il savait tant de choses , Monsieur Paul ; des noeuds marins à la douzaine , attraper les truites à main nue  dans le torrent , faire du feu avec deux brindilles de bois sec....
Nous lui posions beaucoup de questions . Quand le dictionnaire (très consulté à l'époque , et avec plaisir car on y trouvait des "planches illustrées en couleurs" ) ignorait le sujet...on mettait la question de côté pour Monsieur Paul , avec la bénédiction..(soulagée  !) de Papa , bien heureux d'y échapper .
En fait , Monsieur Paul savait beaucoup de choses car il avait beaucoup voyagé et aussi beaucoup lu . Et puis il avait une imagination fertile et nous donnait bien souvent des explications "interprétées" avec tellement de talent qu'elles nous satisfaisaient pleinement (...mais laissaient quelquefois perplexe le maître ou la maîtresse ). Tout n'était pas faux , non , il y avait un petit fond exact...mais alors , le développement....quelle magie , quelle luxuriance , quelle forêt vierge !
Quelquefois , pourtant , Monsieur Paul ne savait pas . Eh bien , il le disait franchement , en ajoutant ..." mais je vais contacter Fleur de Ptilak et , lui , le demandera aux nuages . Comme ils vont partout, sur la Terre entière , ils trouveront sûrement la réponse ."
La suite était assez aléatoire . Soit Monsieur Paul trouvait la réponse dans les collections d'un bouquiniste ( il allait souvent sur les quais...peut être à la recherche de ses souvenirs ?) , ou dans l'Encyclopédie de la Bibliothèque Municipale (il habitait dans une petite rue du vieux Saint Germain des Prés) et alors , la semaine suivante il arrivait triomphalement avec un petit bout de papier censé être la copie d'un cable soi-disant envoyé par Fleur de Ptilak aux bons soins de la Compagnie Transatlantique...soit les choses tardaient , tardaient au point de s'oublier , l'explication étant que Fleur de Ptilak était parti pour une campagne de chasse ou de pêche , pour plusieurs semaines .
Etre ainsi en relation (indirecte , mais quand même !....) avec un grand Chef Indien qui savait (ou pouvait savoir , par nuages interposés ) tout ce que même Monsieur Paul ne savait pas , nous donnait une délicieuse sensation d'universalité...qui s'est réactivée tout naturellement quand nous avons découvert Internet !
Si la réponse n'est pas ici...elle est ailleurs .
Si le soleil n'est pas ici....il est ailleurs .
Si la paix n'est pas ici...elle est ailleurs .
Si la joie n'est pas ici....elle est ailleurs .
Il y a toujours un "ailleurs"
   - dans l'espace ,
   - dans le temps
   - en nous .
C'est pour celà qu'il n'est jamais trop tard , que rien n'est impossible , que l'espoir est toujours justifié .
NB : ce n'est que bien des années plus tard que nous avons réalisé que le nom mystérieux de ce grand Chef était  " Fleur du Petit Lac" ! C'était moins énigmatique mais bien joli quand même .
L'un de nous s'est souvenu d'une étrange berceuse que Monsieur Paul chantait parfois et qui était paraît-il la traduction d'un vieux chant Indien que lui avait appris l'épouse de Fleur de Ptilak . C'était une mélopée douce et lente qui ne ressemblait en rien à nos harmonies occidentales . On y parlait de tout un petit peuple de la forêt qui s'endormait quand le soleil décline , pendant que le vent se met à chanter .
Il la chante encore à ses petits enfants qui savent fort bien qui étaient Monsieur Paul et son mystérieux ami le grand Chef Indien , Fleur de Ptilak .
LA  FORÊT    LOUIS FRECHETTE

Chênes au front pensif , grands pins mystérieux ,
Vieux troncs penchés au bord des torrents furieux ,
Dans votre rêverie éternelle et hautaine ,
Songez-vous quelquefois à l'époque lointaine
Où le sauvage écho des déserts canadiens
Ne connaissait encor que la voix des Indiens
Qui , groupés sous l'abri de vos branches compactes ,
Mêlaient leurs chants de guerre au bruit des cataractes ?
.....
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