Je t'adore , Soleil ! ô toi dont la lumière ,
Pour bénir chaque front et mûrir chaque miel ,
Entrant dans chaque fleur et dans chaque chaumière ,
Se divise et demeure entière
Ainsi que l'amour maternel .
Je te chante , et tu peux m'accepter pour ton prêtre ,
Toi qui viens dans la cuve où trempe un savon bleu
Et qui choisis , souvent , quand tu veux disparaître ,
L'humble vitre d'une fenêtre
Pour lancer ton dernier adieu .
Tu fais tourner les tournesols du presbytère ,
Luire le frère d'or que j'ai sur le clocher ,
Et quand , par les tilleuls , tu viens avec mystère ,
Tu fais bouger des ronds par terre
Si beaux qu'on n'ose plus marcher !