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NOËL  en  BRESSE
Parce que l'un d'entre nous est d'origine bressane...et que ça lui fait plaisir !
Pourquoi la Bresse ? En voilà une idée !
Tout d'abord un peu de géographie , pour nos amis Canadiens surtout :
" mon petit pays de Bresse " est une jolie région , au nord-est de Lyon , dans le département de l'Ain , en direction  du Jura .
C'est le royaume du Poulet de Bresse , le roi de la volaille ....et on y fait paraît-il la meilleure cuisine du monde ! ( témoin le nombre important de "grands chefs" qui en sont issus ou bien y sont venus parfaire leur art ) .
C'est aussi une région qui a gardé intact très longtemps son caractère rural , avec ses traditions et son mode de vivre simple et courageux .
Une bonne recette : le "civier" ou "cevis" de Noël .
Il existait un civier "ordinaire " , sorte de fromage de tête à base de porc ...mais celui de Noël était plus raffiné : au lapin ou à la poule .
Autrefois , dans la campagne bressane , on ne fêtait pas Noël comme aujourd'hui . Le Père Noël n'était pas connu . On était pauvre et la seule vraie festivité...était la Messe de Minuit...avec , au retour , un délicieux "civier" ( encore appelé "cevis" dans le patois de certains villages ) qui attendait bien au frais ( bien sûr , il n'y avait pas l'éléctricité dans les petites maisons à auvent où pendaient les "panouillons" de maïs ) sur le rebord d'une fenêtre (il n'y avait ni vandales ni voleurs non plus !) .
recette réalisable sans porc : à remplacer par lapin ou poule
Voici comment réussir votre civier :

* réserver 1/2 tête de porc et un pied de veau chez le charcutier
* le jour  dit , dans un grand fait-tout , mettre 2 ou 3 litres d'eau froide , un bouquet garni , des carottes coupées en bâtonnets ,un poireau , une feuille de céleri , des baies de poivre et de genièvre et du sel
* y plonger le porc et le pied de veau et faire bouillir pendant 1 à 2 heures , jusqu'à ce que la viande se détache au simple contact
( juste avant vous aurez ajouté un verre de vin blanc ) .

A ce stade , le bouillon est très réduit .
On en retire la viande et les légumes et on refroidit le bouillon pour que le gras remonte en surface et soit facilement éliminé  ( un bon civier...ce n'est pas gras !) ; le plus simple est d'attendre le lendemain , viande et légumes au frais .
Il faut alors émietter la viande en minuscules morceaux ( en éliminant tout éventuel résidu graisseux ) ..."croquant" compris !
On "redonne alors un bouillon" au liquide que l'on verse sur la viande ; la présence du pied de veau dans la préparation fait office de gélatine et le plat va "prendre" en une gelée épaisse et savoureuse dès qu'il sera froid .

Comme dans toutes les campagnes , chacun a "sa" recette ( persuadé d'ailleurs d'avoir la meilleure , naturellement ) . C'est à qui rajoutera quelques girolles dans le bouillon , un peu d'ail , ou un oignon....mais que l'on retirera à la fin de la cuisson .
Le petit verre de vin blanc est parfois remplacé par un verre de "marc" (eau-de-vie locale) , voire de prunelle .
Dégusté avec une grosse tranche de bon pain , arrosé d'un verre de Beaujolais , c'était le "réveillon" qui régalait tout le monde .
Et les cadeaux ?
A l'époque il n'y avait ni sapin de Noël ( on n'était pas en Alsace ) , ni décorations ...ni bûche de Noël ; parfois , une petite Crêche dans laquelle on posait enfin l'Enfant Jésus au retour de la Messe de Minuit  et devant laquelle on chantait tous ensemble .
On n'attendait pas la venue du Père Noël ("inconnu au bataillon" à l'époque ! )et les cadeaux n'abondaient pas ; parfois un petit jouet de bois taillé par le Papa à la veillée .
La tante de l'un d'entre nous raconte avec émotion le souvenir du Noël au cours duquel sa propre Mère avait mis un coupon de tissu ( pour lui faire un corsage neuf ) dans un petit panier pendu au plafond ( pour que l'on ne voit rien avant le dernier instant ) , avec trois papillottes et une orange .
On chantait !

Comme dans toutes les campagnes les cantiques de Noël , en Français ou en latin , étaient connus et chantés par tous . Mais il y avait aussi quelques "productions locales" , comme ce "Noël de Bourg" (Bourg-en-Bresse) qui raconte que l'Enfant Jésus était enfin né ( mais grelottait dans la Crêche )  et que
" Dès que la ville de Bourg
   Eut appris la grande nouvelle
   On fit battre le tambour
   Pour tout mettre en écuelle
   Les poulardes , les chapons
   Les saucissons , les jambons
   Les dindonnaux à foison"....
Surtout si vous êtes tout seul en ce Noël : naviguez sur notre site !
Nous vous ouvrons tout grand nos 140 pages actuelles en souhaitant qu'elles vous apportent " un moment de calme " et beaucoup d'amitié !
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...rien à faire !...ce sont des gastronomes dans l'âme .
Nous ferons bientôt une page sur la Bresse et sa gastronomie .
tout sur nous
encore la Bresse "après Noël"
Bien qu'issus de régions et de milieux très différents , vous l'avez bien vu , nous aimons , chacun , notre terroir , nos racines .
C'est vrai , et nous avons une pensée affectueuse et reconnaissante pour nos ancêtres à la vie rude et simple .
Nous vous souhaitons de faire la paix avec vos propres racines : elles vous plaisent ?....remerciez !... vous auriez aimé "autre chose " ? : vous êtes "grands" maintenant , avec des yeux ouverts sur le monde ; prenez ce qui vous plaît dans vos racines , sans le sous-estimer et sans hésiter...et puis devenez "racine" vous-même , par votre sourire , votre courage , votre optimisme !
Du Nord , du Sud...ou de Bresse , écrivez-nous !
 
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