Aimer le Temps ??
C'est une idée d'autant plus saugrenue que ce pauvre Temps n'a pas une très bonne réputation . Notre attitude envers lui est parfaitement ambigüe : on compte sur lui pour apaiser certaines douleurs ...mais on le rend coupable de bien des maux .
Bien peu de gens , au fond , s'inclinent devant sa majesté .
Et pourtant ...
Mais , quelle idée saugrenue !
Comment aimer quelque chose que l'on ne voit pas , que l'on ne peut ni entendre , ni toucher , ni attendrir , ni retenir ...et qui , pourtant est là , partout , tout le temps  ?
L'espace?...çà , c'est facile à concevoir : on regarde , on voir la plaine et la colline...et on sait qu'il y a encore des plaines et des vallons  au-delà de la colline .... on a compris l'espace , enfin presque , parce que si l'on regarde les étoiles , la nuit , ...ça se corse un peu ...il y a nous , la Terre  , et puis tout le reste qui existe , puisque ça brille et parfois même , scintille .
Une vieille légende du pays de notre ami Fleur de Ptilak  raconte que , dans une vallée reculée , chaque matin le Soleil apporte à chacun un cadeau étrange et merveilleux , fait tout exprès pour lui par les Grands Esprits et contenu dans un tout petit sac de peau, mais que ce cadeau sera inéluctablement remporté par la Lune du soir...chacun étant libre d'en jouir tout à son aise , s'il ose ouvrir , seul , ce précieux sac .
Certains le cachent sous leur chemise de peur qu'on ne le leur vole . Ils n'en font rien mais s'accrochent comme des fous au petit sac quand tombe la nuit et que vient la Lune . Il est vide , pourtant .
D'autres , essaient de le troquer contre le sachet du voisin ...ou contre de belles plumes d'aigle ...au cas où...mais personne ne marche dans l'affaire . A la nuit le sac est vide .
Les plus courageux , à l'abri des regards , ouvrent le sachet et regardent ... il n'y a rien dedans ... mais confiants dans le choix des Grands Esprits ils partent à la découverte du cadeau que leur réserve le jour qui vient de naître . A la fin de la journée , le petit sachet est vide lui aussi ... mais leur journée est bien pleine : ils en ont pris chaque instant comme le cadeau qui leur était destiné . Ils ont vécu leur journée , toute leur journée , tout le temps de leur journée .
Mais , quel beau cadeau , le Temps !

Il n'y a pas besoin de beaucoup de temps pour éprouver un sentiment : quelques minutes , voire quelques secondes suffisent le plus souvent ...et elles marquent notre esprit "à jamais" . Eh bien , imaginez un peu de combien de secondes nous disposons , comme çà , tous les jours , gratuitement :
* 3600 secondes dans une heure ,
* 24 heures par jour
* 365 (voire 366 ) jours par an ...c'est fabuleux
Le 1er Janvier 2005 , c'est pratiquement demain n'est-ce pas ?
Certains de nos parents ou grands-parents sont peut être nés ...le 1er Janvier 1905 ?...Il y a pas mal de centenaires dans notre pays de nos jours ...eh bien , ils auront alors vécu :
3 155 760 000 secondes : plus de 3 milliards de secondes !


Vous en connaissez beaucoup , vous , des cadeaux pareils ?
Il ne faut pas négliger une seconde de notre temps !
Il faut le goûter et le savourer avec reconnaissance !
"Nul ne sait ni le jour ni l'heure " où son temps s'arrêtera ... bien entendu (heureusement !) ... alors , raison de plus pour prendre conscience de la merveille qu'est le temps , pour remercier chaque jour d'avoir à le vivre .
Personne ne dit " Te voilà encore !?" au soleil , le matin ou à la Lune le soir ( mais les "fantaisies" de cette dernière lui donnent une place un peu spéciale dans notre coeur ) ...mais ce n'est pas assez !
Même les jours de pluie sont à aimer !...parce que ce sont des jours pendant lesquels nous vivons .
Vive la Vie , nom d'un p'tit bonhomme !
Et parce que c'est à la tombée du jour que le coeur et l'esprit s'affligent , n'oubliez pas de revenir souvent sur cette page pour y lire ce superbe poème
Les ajoncs éclatants , parure du granit ,
Dorent l'âpre sommet que le couchant allume ;
Au loin , brillante encor par sa barre d'écume ,
La mer sans fin commence où la terre finit .

A mes pieds , c'est la nuit , le silence . Le nid
Se tait , l'homme est rentré sous le chaume qui fume
Seul , l'Angélus du soir , ébranlé dans la brume ,
A la vaste rumeur de l'Océan s'unit .
Alors , comme du fond d'un abîme , des traînes
Des landes , des ravins , montent des voix lointaines
De pâtres attardés ramenant le bétail .

L'horizon tout entier s'enveloppe dans l'ombre ,
Et le soleil mourant , sur un ciel riche et sombre ,
Ferme les branches d'or de son rouge éventail .
José-Maria de Hérédia
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