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...avec le chien d'Fonsine !

Toutes les études le montrent ...le chien protège l'homme .
Il est l'ami , le symbole de la fidélité , le sauveteur intrépide , le pître qui sait vous faire rire ,l'oeil câlin ou tendre , le petit compagnon qui vous fait sortir un peu tous les jours , l'aide et l'amour inlassables ....il est parfois la seule marque "d'humanité" de la journée ....
Les livres , les films, les tableaux et les sites à sa gloire abondent .
Nous n'en dirons rien de plus , seulement quelques expressions ou dictons qui témoignent de l'importance du chien dans notre vie ....et une petite histoire .
  
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* une chienne de vie  (ou une vie de chien ? )

* qui se couche avec les chiens , se réveille avec des puces.....

* je lui garde un chien de ma chienne....
* elle avait du chien !..." ( faut-il voir une - fausse-  relation entre "canaille" et "cane" , le chien ? ) ...
"Il avait toutes les qualités du chien , excepté la loyauté ".   P.Sore
Le chien d'Fonsine .
( histoire vraie )

Fonsine (Alphonsine pour l'état civil ) était restée veuve en 19 , son pauvre mari n'ayant pas survécu aux désastres des "gaz" de la guerre . Elle éleva seule ses enfants , et , ceux-ci mariés et établis "à la ville" , se retrouva seule , avec 3 poules et 4 lapins , dans sa vieille petite maison .
La vie était dure et elle mangeait plus souvent du pain et les légumes de son jardin que de la viande ....mais "c'est la vie" et elle n'avait pas l'habitude de se plaindre .
Un chien , venu d'on ne sait où l'avait choisie , un beau jour et était resté près d'elle , modeste et débrouillard comme il sied à qui ne veut pas être une charge pour ses amis . La soupe au pain était bonne et Fonsine la partageait volontiers , ne se posant guère de questions sur l'apport protéique du régime de son nouvel ami .
- Il doit bien marauder un peu " disait-elle , mais c'était l'affaire du chien après tout .
Pour marauder , il maraudait ! On le voyait parfois rentrer des bois derrière le village avec des traces qui en disaient long sur ses activités de chasseur...mais personne ne se plaignait et dans quelques fermes , même , il avait de temps en temps un os ou une carcasse...qu'il s'empressait de rapporter pour les déguster dans le pailler de Fonsine .
Un jour , il eut la révélation de sa vie ...à l'occasion de la "saint Cochon" . Dans toutes les fermes on tuait le cochon et les déchets étaient aussi abondants que savoureux , mais , ceux qui ne voulaient pas tuer amenaient leur cochon au boucher du village , le gros Maréchal , qui pendant 3 jours non-stop , fabriquait des kilos de pièces de viande , de boudin et de saucisses .
Ces derniers pendaient en longs tuyaux brillants sur des tringles dans l'arrière- boutique ouverte à tous les vents .
Le chien de Fonsine trouva l'odeur délicieuse et patrouilla , mine de rien , dans les alentours , comme d'autres congénères....mais , le gros pépère veillait et de temps en temps sortait en vitupérant contre  les chiens ...qui ne pouvaient que s'en aller penauds .
Celui de Fonsine , de nature indépendante , avait ce qu'il faut de temps et de patience . Les copains et les clients de Maréchal , venus prendre livraison , voulaient absolument "arroser cochon" avant la date du banquet traditionnel...et amenaient la chopine qu'il fallait .

 
L'affaire fut bientôt faite , parce que longuement et patiemment étudiée . A la première occasion , hop , par ici les saucisses...et direction la maison, sans traîner !
Fonsine le vit arriver à toute allure , un chapelet de saucisses autour du poitrail , brinqueballant  plus ou moins dans ses pattes .
Le temps qu'elle crie et il s'était engouffré dans le pailler , tout au fond , derrière les sacs de jute poussiéreux .
Que faire ? Récupérer le larcin et aller chez Maréchal ?...hum ....
Fonsine opta pour l'abstention temporaire , dans un premier temps. Que d'histoires tout celà allait faire !....
En fait , rien du tout . C'est à peine si le boucher , déjà bien réchauffé par le Côte du Rhône tout voisin , se demanda s'il n'en manquait pas un peu ...mais il était venu tant de monde ....
Donc , soirée et nuit calmes .
Le lendemian , Fonsine , étonnée de l'absence de son chien au moment de la soupe , alla voir dans le pailler . Il ronflait , le ventre rebondi de qui a fait un festin . Sans le moindre remord , manifestement .
Il restait même un bon grand bout de saucisse , intacte .
Fonsine le prit ,l'épousseta un peu , vit qu'il n'y avait pas de trace de dents...et repartit dans sa cuisine , posant la saucisse sur le trépied au-dessus des braises .
Délicieuse odeur . Elle n'allait tout de même pas laisser se perdre de la bonne saucisse comme çà !...et elle lui fit un sort ,  se demandant seulement s'il faudrait en parler  à confesse (elle décida que non ) .
Attiré par l'odeur , son chien arriva bientôt et reçut une petite part  qu'il mangea avec relativement bon appêtit .
Le bien mal acquis...n'a pas toujours le mauvais goût qu'on lui attribue .
Le pire , le pire voyez-vous , c'est que le chien avait trouvé le bon truc...et qu'il ne se priva plus , chaque fois que possible , de rendre hommage à sa manière au talent du boucher .
Fonsine ne fut pas toujours de la fête...mais , de temps à autre , elle récupérait un excédent, en grommelant plus pour la forme que par véritable conviction . Ma foi , le mal étant fait et l'arrière-boutique mal gardée , quel avantage il y aurait-il eu à agiter les choses , ..il faut être raisonnable , non ?
Maréchal  prenait tous les chiens du village en grippe , les accusant tour à tour . Certains maîtres le prenaient mal et les querelles de village fleurissaient .
Fonsine , elle , répondait tranquillement aux soupçons :
- comment voulez-vous qu'il reconnaisse le chien , ce pauvre Maréchal , il a la vue basse et puis , couleur "chien-qui-fuit" ce n'est pas facile à voir ."
                   Couleur "chien-qui-fuit"...elle avait de l'esprit , Fonsine .  
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