Souvenirs de mer
Vous savez que dans notre équipe il y a des personnalités bien différentes . La plus impertinente , bien sûr , c'est Lulu . Le plus chaleureux , c'est "notre Bon Docteur" , etc...
Le plus modeste , le plus savant , le plus sage ...c'est sans conteste le " Docteur Z. " .
Vous connaissez déjà le Docteur Z.  , c'est lui qui nous a appris à "zinzinabuler" !
L'excellent Docteur Z. est aussi un passionné d'oiseaux , de
 poésie  ,  et un grand voyageur, dans le cadre de ses missions de Médecin-militaire . Il nous a raconté l'histoire suivante , absolument authentique .
On est dans les années ....bouhhh....( tant que çà ? ) ...  L'excellent Docteur Z. , frais émoulu de l'Ecole de Santé Navale ( les "Santars" de Lyon , et les "Navalais" de Bordeaux...vous souvenez-vous , Mesdames ? ) embarque sur un bâtiment de guerre qui fait un long périple   .
Mais voilà qu'en chemin , au large des côtes de Floride , un cyclone  ( au doux nom de demoiselle , bien entendu ) ...les a " à l'oeil" , puis , rapidement "dans le nez" car il se déchaîne sur eux .
Le bâtiment est malmené , il tangue et roule , s'enfonce et se cabre ...ce qui ne plaît pas au cyclone qui redouble d'efforts , s'applique un bon coup , se concentre...et finit par défoncer des éléments de la coque . Ah mais !
Pas facile , comme situation , mais pas insurmontable , finalement ; prévue dans les manuels et dans la formation de tous les corps de métiers embarqués , elle mobilise chacun pour la survie de tous .
Ce sont les Maîtres-Charpentiers qui sont en première ligne . Il faut "aveugler" ( boucher ) les voies d'eau de la coque délabrée , ces trous béants dans lesquels s'engouffrent des tonnes d'eau ...et le naufrage qui va avec .
Ils descendent dans l'eau froide et sombre ; elle leur monte jusqu'à la poitrine ; et ça bouge !....ça continue à bouger comme sur un toboggan en folie . Il faut s'accrocher , et travailler .
L'un des Maîtres-Charpentiers était alors à l'infirmerie  ( et il en faut beaucoup pour envoyer à l'infirmerie des hommes de cette trempe ! ) pour une douleur très violente de l'épaule qui le taraudait depuis quelques jours et que les efforts répétés avaient rendue permanente et insupportable ; il souffrait un vrai martyre . Plus tout jeune , il avait de l'expérience et du savoir-faire ...et çà , on en avait besoin .
" ...il a voulu faire son travail ... j'ai fait le mien : injections anti-douleur "de cheval" au plein coeur de l'épaule ...et 2 matelots désignés pour rester derrière lui et lui prêter main forte ( et épaules en bon état ) . Ce n'était pas une mauviette et il rugissait de douleur . Une fois le risque des voies d'eau écarté , il a été ramené dans sa cabine  ...avec une provision ( très illégale ) de vin et de Calvados ...sur mon ordre , hum ... pour le moins officieux .  A partir d'une certaine dose ...ça fait oublier la douleur  ( attention : cas de force majeure seulement ...l'alcool tue beaucoup plus de gens qu'il n'en soulage !! ) mais ça rend totalement incompétent .
De toute manière , je l'avais exempté de service pour qu'il se soigne efficacement...et dans ces circonstances extrêmes je n'avais guère d'autre choix .
Le Pacha ( commandant ) et le Tamana-Piti ( tamana = chef en maori , et "piti"...= petit , dans le français des maori ! ) n'ont évidemment pas été mis au courant car nous risquions tous les deux ; le Maître-Charpentier aurait été très sévèrement puni pour abus d'alcool ...et moi , mes "cocktails-anti-douleur" ( c'est le cas de le dire !! ) n'auraient peut être pas été compris ....mais , je le maintiens , rien ne devait entraver mes méthodes thérapeutiques . J'ai fait comme j'ai pu , avec ce que j'avais . Je ne regrette rien du tout ( lui non plus sans doute ...mais ses souvenirs sont probablement plus imprécis que les miens pour les 24 heures qui ont suivi ) . C'était à moi de prendre en charge sa douleur , à présent , lui , il avait bien donné . Je l'ai fait , c'est tout ."
Comment ne pas se souvenir de :
et des "Sauveteurs en Mer "
Oui , il y a des hommes , le plus souvent au soir d'une difficile vie de marin ou de pêcheur , qui se vouent ( et se dévouent !! ) à sauver ceux qui sont "au péril de la mer " .
Ils sont discrets . Il ne faut pas les oublier . Nous pouvons les aider  , ne serait-ce parce que nous ne savons pas toujours où et comment remercier "la Vie" qui nous a épargnés quelques fois . ils sont dignes de recevoir un peu de ce que nous devons à  "la vie ".
Ambroise Paré : "je le pansai , Dieu le guérit" , et avec lui , de tous les "soignants" , médecins ou non , qui se sont dévoués tout au long des siècles ( et maintenant encore ) souvent au péril ou au sacrifice de leur propre vie , au soulagement de la souffrance des autres ? Une pensée de reconnaissance leur est bien dûe , non ? Leur exemple nous appartient . A nous d'y puiser audace et courage au service des autres .
la modestie des vrais "grands"
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