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                    ...avec Mémé Marguerite

C'était une très vieille dame , toute pliée et cassée en deux par les années , avec un petit chignon tout blanc , de bonnes joues roses et douces et des yeux où l'on aurait dit que le ciel avait coulé un matin de printemps quand il est encore brumeux de chaleur .
Elle avait vécu toute sa vie dans le même village , s'y mariant et y élevant ses enfants , puis les enfants de ses enfants . Elle était un peu la grand'mère de tout le monde , et , finalement , famille ou non , chacun l'appelait "Mémé Marguerite" .
Voisins et amis avaient oublié son nom et , à des kilomètres à la ronde , elle était "Mémé Marguerite" .
Mon Dieu , qu'elle était vieille ! On aurait cru qu'elle avait arrêté le temps et qu'elle ne changerait jamais , avec sa longue robe grise , son tablier noir , ses petites lunettes et son gros matou gris qui ne la quittait jamais .


Cependant , un jour , quelque chose changea : ce fut le vieux matou qui rendit sa petite âme au dieu des chats , au soir d'une journée pleine de soleil . Mémé Marguerite pleura et prédit qu'elle s'en irait bientôt , mais sans affliction car elle se préparait depuis bien longtemps à ce "grand voyage"...comme elle disait .
Ce fut exact . Quelques mois plus tard , elle oublia de se réveiller et partit pour un autre monde .
Elle en avait d'ailleurs tellement parlé avec Monsieur le Curé...qu'elle ne fut pas le moins du monde étonnée d'y être accueillie par son Ange Gardien qui la guida vers un jardin lumineux et calme où elle devrait , lui expliqua-t-il , attendre son "jugement" .
Tout se passa rapidement . Les grands Anges, qui composaient une sorte de tribunal bienveillant pour tirer les conclusions de sa vie sur Terre , furent très bons et la félicitèrent de sa longue vie de dévouement et de gentillesse .
- Mémé Marguerite , vous partez pour le Paradis ! " .
Elle en fut toute heureuse , mais pas autrement surprise car son âme était simple et tout se réalisait comme dans sa foi , tout simplement .
Elle entra donc dans le séjour des bienheureux .
C'était une expérience extraordinaire...mais il fut bientôt évident que quelque chose n'allait pas . Se tenant à l'écart , Mémé Marguerite , manifestement , était triste et s'ennuyait !
Elle avait pourtant vu des fêtes magnifiques et aperçu le Seigneur dans toute la gloire de Ses Anges...mais elle était triste !
Elle se mit à pleurer....et celà révolutionna le Paradis .
Pensez !...on n'avait jamais vu ça, pleurer au Paradis !
Tous ses amis l'entourèrent et la cajolèrent , rien n'y fit , les larmes coulaient toujours .
Alerté , son bon Ange arriva à tire-d'ailes et dût déployer toute son angélique tendresse pour qu'elle se confie à lui : elle voulait voir le Seigneur lui-même . Son brave curé le lui avait bien dit : en Paradis , elle serait avec le Seigneur....mais Il n'était pas venu .
Très ennuyé d'avoir à contre-dire ce brave curé , son Ange lui expliqua que" le Seigneur était partout , mais qu'Il avait aussi beaucoup à faire et qu'il n'était pas de coutume qu'Il aille au-devant de chaque arrivant . Mais , assurément , elle Le verrait ", assura-t-il .
- Allons , Mémé Marguerite , ne pleurez plus...vous êtes au Paradis!" .
Mémé Marguerite sourit à travers ses larmes , promettant d'être raisonnable ...mais bientôt les larmes coulèrent à nouveau , et plus on la consolait...plus elle pleurait .
Le Paradis tout entier ne parlait plus que des larmes de Mémé Marguerite . Très ennuyé , son Ange fit appel à Saint Pierre , qui la consola avec douceur . Rien n'y fit . Puis , ce fut Sainte Marguerite , sa patronne....puis l'Archange Saint Michel pour lequel elle avait toujours eu une dévotion particulière . Celui-ci , malgré sa cuirasse rayonnante , se fit tout petit auprès d'elle pour ne pas l'effrayer de l'éclat de son glaive et la réconforta de son mieux : - Chère Mémé Marguerite , ne pleurez plus , vous faites pleurer les Anges !"...lui dit-il...mais les larmes ne séchèrent pas longtemps .
Alors , le Seigneur apparut...et ayant regardé le coeur de Mémé Marguerite , Il sourit et , se penchant vers elle . Il murmura :
- Marguerite , mon enfant , tu es ma fille bien-aimée "....alors , les larmes disparurent...Mémé se redressa , ses yeux scintillèrent de bonheur et elle répondit :
- Oh , Seigneur ! J'avais tellement besoin de ne plus être la grand'mère de personne , mais de redevenir enfin moi , Marguerite , tout simplement !!....."
Et elle fut heureuse toute une longue éternité .
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L' AMOUREUSE  (Paul Eluard)

Elle est debout sur mes paupières
Et ses cheveux sont dans les miens .
Elle a la forme de mes mains ,
Elle a la couleur de mes yeux ,
Elle s'engloutit dans mon ombre ,
Comme une pierre sur le ciel .
Elle a toujours les yeux ouverts
Et ne me laisse pas dormir.
Ses rêves en pleine lumière
Font s'évaporer les soleils ,
Me font rire , pleurer et rire ,
Parler sans avoir rien à dire .

Nos petits Napolitains et le bonheur
(J'espérons que je m'en sortira . Ed Point Virgule )

Cette fois , Naples a gagné le championnat (de foot , bien sûr) .
Voici ce que celà inspire à l'une des filles de la classe :
"Je me considère comme une petite fille qui a de la chance , parce que quand je suis née , il y a juste neuf ans qui ont passé et le Naples a gagné le championnat , mais mon père m'a dit qu'un de ses amis qui avait cinquante neuf ans , il a attendu cinquante neuf ans que le Naples gagnait le championnat , et puis il est mort , et le Naples l'année après a gagné le championnat , et ça c'est un homme qui a pas de chance ."
Vous aussi , écrivez-nous !
Nous avons déjà reçu quelques messages . C'est "super" , certains d'entre vous ont apprécié ces moments de calme que nous essayons de vous donner !