Si , si , c'est bien nous . Nous avons changé de couleur de fond pour cette page parce que , après beaucoup de pages un peu sérieuses récemment , nous avons voulu vous donner un peu d'air frais et léger . Aujourd'hui , on parle de :
Poésie....
Le petit lièvre  Maurice Rollinat
Brusque , avec un frisson
De frayeur et de fièvre ,
On voit le petit lièvre
S'échapper du buisson .
Ni mouche ni pinson ;
Ni pâtre avec sa chèvre ,
La chanson
Sur la lèvre .

Tremblant au moindre accroc ,
La barbe hérissée
Et l'oreille dressée ,
Le timide levraut
Part et se risque au trot ,
Car l'aube nuancée
N'est pas trop
Avancée .

N'entend-il pas quelqu'un ?
Non ! ce n'est que la brise
Qui caresse et qui grise
Son petit corps à jeûn .
Et dans le taillis brun
Le fou s'aromatise
Au parfum
Du cytise .

Dans le matin pâlot ,
Leste et troussant sa queue ,
Il fait plus d'une lieue
D'un seul trait , au galop .
Il s'arrête au solo
Du joli hoche-queue ,
Près de l'eau
Verte et bleue .
Terrains mous , terrains durs ,
En tout lieu son pied trotte ;
Et poudreux , plein de crotte ,
Ce rôdeur des blés murs
Hante les trous obscurs
Où la source chevrote ,
Les vieux murs
Et la grotte .

L'aube suspend ses pleurs
Au treillis des barrières ,
Et sur l'eau des carrières
Fait flotter ses couleurs .
Et les bois roucouleurs ,
L'herbe des fondrières
Et les fleurs
Des clairières ,

L'if qui se rabougrit ,
Le roc vêtu d'ouate
Où le genêt s'emboîte ,
La forêt qui maigrit ,
La mare qui tarit ,
L'ornière creuse et moite ,
Tout sourit
Et miroite .

Et dans le champ vermeil
Où s'épuise la sève ,
Le lièvre blotti rêve
D'un laurier sans pareil ,
Et toujours en éveil
Il renifle sans trève
Au soleil
Qui se lève .
La flûte Jean Richepin
Je n'étais qu'une plante inutile , un roseau .
Aussi je végétais , si frêle , qu'un oiseau
En se posant sur moi pouvait briser ma vie .
Maintenant je suis flûte et l'on me porte envie ,
Car un vieux vagabond , voyant que je pleurais ,
Un matin en passant m'arracha du marais .
De mon coeur , qu'il vida , fit un tuyau sonore ,
Le mit sècher un an , puis , le perçant encore ,
Il y fixa la gamme avec huit trous égaux ;
Et depuis , quand sa lèvre aux souffles musicaux
Eveille les chansons aux creux de mon silence ,
Je tressaille , je vibre , et la note s'élance ;
Le chapelet des sons va s'égrenant dans l'air ;
On dirait le babil d'une source au flôt clair ;
Et dans ce flôt chantant qu'un vague écho répète
Je sais noyer le coeur de l'homme et de la bête .
Voilà une chose réconfortante : même un petit roseau fragile peut devenir une flûte pour faire rêver le coeur des hommes .
Alors , nous aussi , quand nous nous sentons un roseau inutile ...nous pouvons devenir une flûte mélodieuse : les années et la Vie se chargent  ( se sont chargées ou se chargeront !... )de creuser notre coeur et d'y percer les trous de la gamme ....oui , mais c'est pour chanter .
Chanter au lieu de soupirer ou de s'ennuyer ; ce n'est pas mal non plus , çà . Au premier comme au second degré , d'ailleurs . Chiche ?
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