"Dubito ergo cogito , cogito ergo sum !"
( je doute , donc je pense , je pense donc je suis ! ) . Descartes .
Celà vous console-t-il , de savoir ce qu'a dit Descartes ? Nous , pas du tout . Rien ( tiens , on a un doute , alors disons  : peu de choses ) n'est pire que le doute . Autant "se douter" de quelque chose a un petit côté fin limier assez élégant , autant "douter" est une épreuve . On est pris entre deux feux  ( "doute" viendrait de "dubium" ou " due" = deux ) ou plutôt entre deux peurs ( si on admet que la "dute" était la crainte - ce que l'on "redoute" ). Et ce n'est pas drôle , le plus souvent .
Alors que l'on pourrait être si tranquille , voilà qu'on s'interroge , qu'on hésite , qu'on ne sait plus quoi choisir , ni faire , ni croire . D'autant plus que les avis ne manquent pas
( tous divergents , bien sûr ! ) :
* le doute est le commencement du savoir
* le doute est le commencement de la sagesse
* quand on se met à douter on ne sait plus rien
* dans le doute abstiens-toi !
* le doute est désagréable , mais la certitude est ridicule (Voltaire)
* le doute me ronge . Et si rien n'existait ? Dans ce cas j'aurais payé ma moquette beaucoup trop cher ( Woody Allen )
* "Seuls les idiots n'on pas de doutes . - Vous êtes sûr ? - Certain ! ( Courteline )
* dès qu'on me dit " En toute franchise ..." j'ai des doutes
* plus on est envahi par le doute , plus on veut raisonner
etc...etc...     et les poètes ? Que disent-ils ?
Remarquez , le doute a ses charmes aussi . D'abord il oblige à prendre du temps ( celui de l'hésitation ... mais ce n'est pas toujours une bonne affaire ! ). Et puis il permet une certaine forme de"chasse" intellectuelle : on traque son ombre - qu'on ne veut même pas voir ! - ou bien on ment effrontément en son nom : " Y'a pas de doute " ou bien " Je ne mets pas votre parole en doute , mais ... " ou bien " Il va se passer ceci ou celà , sans aucun doute ..." Tu parles !! Il y a vraiment des gens qui ne doutent de rien !
Réponse .  Ch. CROS
Ce que je te suis te donne du doute ?
Ma vie est à toi , si tu la veux , toute .
Et loin que je sois maître de tes voeux ,
C'est toi qui conduis mon rêve où tu veux .

Avec la beauté du ciel , en toi vibre
Un rythme fatal ; car mon âme libre
Passe de la joie aux âpres soucis
Selon que le veut l'arc de tes sourcils .

Que j'aie ton coeur ou que tu me l'ôtes ,
Je te bénirai dans des rimes hautes ,
Je me souviendrai qu'un jour je te plus
Et que je n'ai rien à vouloir de plus .
Au bord du quai . E. Verhaeren
Et qu'importe d'où sont venus ceux qui s'en vont ,
S'ils entendent toujours un cri profond
Au carrefour des doutes !
Mon corps est lourd , mon corps est las ,
Je veux rester , je ne peux pas ;
L'âpre univers est un tissu de routes
Tramé de vent et de lumière ;
Mieux vaut partir , sans aboutir ,
Que de s'asseoir , même vainqueur , le soir ,
Devant son oeuvre coutumière ,
Avec , en son coeur morne , une vie
Qui cesse de bondir au-delà de la vie .
Et l'âne de Buridan ?
Eh bien , d'abord , ce serait une ânesse ( d'après Spinoza ) et on n'est même pas sûr que ce soit Buridan qui en ait parlé ( aucun doute  sur un seul point : il ne lui appartenait pas ! ) . En fait , Buridan était un philosophe du XIVème siècle , qui soutenait ( sans le moindre doute ! ) que , placé devant le même choix qu'un âne qui a faim et qui a soif et devant lequel on met un seau d'eau et un picotin d'avoine , un homme aurait forcément choisi l'un ou l'autre pour commencer et ne serait pas mort de faim et de soif comme cette pauvre bête . Peut-être bien .
Autre sujet de célébrité de ce philosophe : ses amours à la Tour de Nesles ! Comme dit François Villon  "... où est la reine qui commanda que Buridan fût jeté en un sac en Seine ? " Une chose est sûre : aucun doute , il a eu de la chance , il s'en est tiré !
Pendant que le marin.... V.HUGO
Pendant que le marin , qui calcule et qui doute
Demande son chemin aux constellations ,
Pendant que le berger , l'oeil plein de visions ,
Cherche au milieu des bois son étoile et sa route ,
Pendant que l'astronome inondé de rayons
Pèse un globe à travers des millions de lieues ,
Moi , je cherche autre chose en ce ciel vaste et pur .
Mais que ce saphir sombre est un abîme obscur !
On ne peut distinguer , la nuit , les robes bleues
Des anges frissonnants qui glissent dans l'azur .
Ô gouffre ! l'âme plonge et rapporte le doute ...V.HUGO
Ô gouffre ! l'âme plonge et rapporte le doute .
Nous entendons sur nous les heures goutte à goutte ,
Tomber comme l'eau sur les plombs ;
L'homme est brumeux , le monde est noir , le ciel est sombre ;
Les formes de la nuit vont et viennent dans l'ombre ,
Et nous , pâles , nous contemplons .
Nous contemplons l'obscur , l'inconnu , l'invisible .
Nous sondons le réel , l'idéal , le possible ,
L'être , spectre toujours présent .
Nous regardons trembler l'ombre indéterminée .
Nous sommes accoudés sur notre destinée ,
L'oeil fixe et l'esprit frémissant .
Nous épions des bruits dans ces vides funèbres ;
Nous écoutons le souffle errant dans les ténèbres ,
Dont frissonne l'obscurité ;
Et , par moments , perdus dans les nuits insondables ,
Nous voyons s'éclairer de lueurs formidables
La vitre de l'éternité .
Le pire des doutes , c'est celui que l'on a envers soi-même
Nous avons déjà écrit maintes pages là-dessus tout au long de notre site ( feuilletez !! ) . Page suivante nous vous ferons découvrir la Madone de la Confiance ... et des "cris de confiance" qui vous plaîront sûrement .
Aide-toi , le Ciel t'aidera . Alors , fonce et ne doute plus de toi !
Vous avez peur , finalement , n'est-ce-pas ? Nous aussi . Souvent .
Alors nous avons fait une page spéciale "Peur"  juste un peu plus loin .
Tout sur nous ?

*** dire "Merci" à Sainte Rita
*** autre Ex Voto de remerciement
Regardez la Page Tendresse (déjà 50 pages ! ) et enrichissez-la ( un mail de 2 ou 3 lignes ) pour tous les autres .