Pour bien commencer l'année , et si on parlait d'amour ?
NB : dernière minute , des chercheurs - très savants sùrement - viennent de calculer qu'en moyenne , dans un couple  - sauf exception   - l'amour dure 3 ans !!
L'Amour serait-il vraiment  la -brutale mais éphémère -rage de dent d'autrefois ?  Mais non !... Parfois (!) il dure .
Oh !
Mon vrai coeur , celui qui s'attache
Et  souffre depuis qu'il est né ,
Mon coeur d'enfant , le coeur sans tache
Que ma mère m'avait donné ;

Ce coeur où plus rien ne pénètre ,
D'où plus rien désormais ne sort ;
Je t'aime avec ce que mon être
A de plus fort contre la mort ;

Et , s'il peut braver la mort même
Si le meilleur de l'homme est tel
Que rien n'en périsse , je t'aime
Avec ce que j'ai d'immortel .
Ce qui dure  Sully-Prudhomme
Le présent se fait vide et triste ,
O mon amie , autour de nous ;
Combien peu de passé subsiste !
Et ceux qui restent changent tous .

Nous ne voyons plus sans envie
Les yeux de vingt ans resplendir ,
Et combien sont déjà sans vie
Des yeux qui nous ont vus grandir !

Que de jeunesse emporte l'heure ,
Qui n'en rapporte jamais rien !
Pourtant quelque chose demeure :
Je t'aime avec mon coeur ancien ,
Mmmmmm !........ on commence très fort , non ? Après un début pareil , on dirait que ça va palpiter fort dans nos petits coeurs , en 2008 . mais notre coeur va-t-il tenir le choc ?
Mais OUI !!  c'est solide , un coeur . Vous souvenez-vous de ce qu'en a dit Anna de Noailles ?
Le Coeur
Mon coeur tendu de lierre odorant et de treilles
Vous êtes un jardin où les quatre saisons
Tenant du buis nouveau , des grappes de groseilles
Et des pommes de pin , dansent sur le gazon ...

- Sous les poiriers noueux couverts de feuilles vives
Vous êtes le coteau qui regarde la mer ,
Ivre d'ouïr chanter , quand le matin arrive ,
La cigale collée au brin de menthe amer .

- Vous êtes un vallon escarpé ; la nature
Tapisse votre espace et votre profondeur
De mousse délicate et de fraêche verdure .
Anna de Noailles
- Vous êtes dans votre humble et pastorale odeur
Le verger fleurissant et le gai pâturage
Où les joyeux troupeaux et les pigeons dolents
Broutent le chêvre-feuille ou lissent leur plumage .

- Et vous êtes aussi , coeur grave et violent ,
La chaude , spacieuse et prudente demeure
Pleine de vins , de miel , de farine et de riz ,
Ouverte au bon parfum des saisons et des heures ,
Où la tendresse humaine habite et se nourrit .

Ha , ah !! nous sommes de grands taquins ! Pour nous faire pardonner , voici l'Amour rêvé .
Ah , que c'est beau tout çà !  Paul Géraldy avait raison :
Si tu m'aimais et si je t'aimais , comme je t'aimerais ! Paul Géraldy
le Rêve du Poète       François Coppée
Pour lire mon poème et me souffler ma rime ,
Derrière moi , sans bruit , sur la pointe des pieds .
Moi , qui ne veux pas voir mes secrets épiés ,
Je me retournerais avec un air farouche ;
Mais son gentil baiser me fermerait la bouche .
Et dans les bois voisins , inondés de rayons ,
Précédés du gros chien , nous nous promènerions
Moi , vêtu de coutil , elle , en toilette blanche ,
Et j'envelopperais sa taille , et sous sa manche
Ma main caresserait la rondeur de son bras .
On ferait des bouquets , et , quand nous serions las
On rejoindrait , toujours suivis du chien qui jappe ,
La table  mise , avec des roses sur la nappe ,
Près du bosquet criblé par le soleil couchant ;
Et , tout en s'envoyant des baisers en mangeant ,
Tout en s'interrompant pour se dire : Je t'aime !
On assaisonnerait des fraises à la crème ,
Et l'on bavarderait comme des étourdis
Jusqu'à ce que la nuit descende .
       O Paradis !
Ce serait sur les bords de la Seine . Je vois
Notre chalet , voilé par un bouquet de bois .
Un hamac au jardin , un bâteau sur le fleuve .
Pas d'autre compagnon qu'un chien de Terre-Neuve
Qu'elle aimerait et dont je serais bien jaloux .
Des faïences à fleurs pendraient après des clous ;
Puis beaucoup de chapeaux de paille et des ombrelles .
Sous leurs papiers chinois les murs seraient si frêles
Que même en travaillant , à travers la cloison
Je l'entendrais toujours errer par la maison
Et traîner dans l'étroit escalier sa pantoufle .
Les miroirs de ma chambre auraient senti son souffle
Et souvent réfléchi son visage , charmés .
Elle aurait effleuré tout de ses doigts aimés .
Et ces bruits , ces reflets , ces parfums , venant d'elle ,
Ne me permettraient pas d'être une heure infidèle .
Enfin , quand , poursuivant un vers capricieux ,
Je serais là , pensif et la main sur les yeux ,
Elle viendrait , sachant pourtant que c'est un crime ,

Entendre au pied du saule où l'eau murmure
L'eau murmurer ;
Ne pas sentir , tant que ce rêve dure ,
Le temps durer ;
Mais n'apportant de passion profonde
Qu'à s'adorer ,
Sans nul souci des querelles du monde ,
Les ignorer ;
Et seuls , heureux devant tout ce qui lasse ,
Sans se lasser ,
Sentir l'amour , devant tout ce qui passe ,
Ne point passer !
S'asseoir tous deux au bord d'un flot qui passe ,
Le voir passer ;
Tous deux , s'il glisse un nuage en l'espace ,
Le voir glisser ;
A l'horizon , s'il fume un toit de chaume ,
Le voir fumer ;
Aux alentours , si quelque fleur embaume ,
S'en embaumer ;
Si quelque fruit , où les abeilles goûtent ,
Tente , y goûter ;
Si quelque oiseau , dans les bois qui l'écoutent ,
Chante , écouter...
Au bord de l'eau
SULLY - PRUDHOMME
Ecrivez , participez :unmomentdec
alme@aol.com
Page précédente      Page suivante
Lisez la Page Tendresse , c'est votre oeuvre . Et puis , envoyez-nous 2 ou 3 lignes pour l'enrichir . C'est comme çà qu'on se sent vivre un peu plus fort .
*** Dire "Merci" à Sainte Rita
*** autre Ex Voto de remerciement