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INDEX                       Tout sur nous ?

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* dire "Merci" à sainte Rita

* autre Ex Voto de remerciement

Pendant que votre lapin mijote , vous avez tout le temps de vous promener sur la Page Tendresse .
Et même de l'enrichir par un petit mail de 2 ou 3 lignes .

Ados en goguette

Voici encore une petite histoire vraie . Elle nous ravit .
Par contre , nous vous demanderons la plus grande discrétion à son sujet ... car "les parents" ne savent rien . C'est l'un de nous , en tant que "grand'père sympa" qui nous l'a racontée .
Confidence retardée autant qu'amusée d'ailleurs .
Il s'agit donc de 4 garçons , ados , cousins ..."normaux , quoi !" revendiquent-ils .

   Tout avait commencé l'année précédente . Par un vent de révolte :
- Ah non , alors , on ne veut plus aller en camp , ni en stage de ceci
ou de celà pour les vacances ...C'EST NUL !"
Bigre , bigre .
Que s'était-il passé ? Pourtant ils avaient été confiés , en bloc  comme d'habitude , à un organisme ayant expérience et bonne réputation . Pas de drame , des activités variées ( relatées jour après jour sur le site Internet de l'organisateur ) . Pas non plus de sous-alimentation ( ils n'avaient demandé l'envoi de quelques €uros en bonus , qu'une seule fois "pour se faire une petite bouffe entre nous" avaient-ils dit ; celà s'était traduit par une orgie de chocolat , suivie de douleurs abdominales ayant à elles seules découragé toute tentative de récidive ... bien que les coquins aient accusé les courgettes farcies servies au dîner la veille ).

Il fallait donc trouver une solution pour l'année suivante .
Pas facile , surtout quand les ressources économiques sont loin d'être illimitées . Les voyages de découverte , de l'Amérique comme
de l'Espagne du sud , ne sont pas donnés , et puis à cet âge encore presque tendre on ne goûte pas forcément tout l'intérêt de tels voyages .
La loccation d'une grande villa en bord de Méditerrannée , capable
de recevoir petits et grands était hors de prix elle aussi (
NB : avez-vous vu ce qu'a coûté le séjour à la Baule grâce aux non-dits de Granny , page précédente ? )
Pères et mères , oncles et tantes réciproques , se creusèrent la tête , les chers petits étant aussi décidés dans leur refus que dépourvus de la moindre idée concrète pour la suite .
Pourtant , un jour , ils s'enthousiasmèrent .
  

Valentin , le plus doué de la famille dans l'art oratoire , prend la parole:  - Maman , tu ne sais pas ? Le père de Julien lui prête sa villa au Pays Basque ! On aura toute la maison pour nous , avec Sébastien , le copain de Julien ! C'est génial , rien que nous six !"

Avez-vous une idée de la tête qu'a pu faire cette pauvre mère ??
Vite ! Il ne faut pas braquer les chères petites bourriques , elle le sait bien , mais tout-de-même , quelle idée , laisser des ados seuls dans une villa , surtout aussi loin de Paris !
Elle trouva une échappatoire crédible dans la menace de brûler que montrait le repas en train de mijoter : - Ah bon ? Incroyable ! Si tu veux , vous nous expliquerez celà en détail pendant le dîner , ton
père ne va pas en revenir !".
Encore dotés d'un soupçon de candeur pré-adolescente , Valentin et son frère partirent dans leur chambre sans se faire prier , pour commenter l'affaire avec leurs deux cousins - forcément concernés eux aussi -  grâce à Internet .

    

Averti en urgence par son épouse encore sous le choc ( merci les portables , ça vous trouve même à la sortie d'une réunion ), Papa avait eu le temps de contacter son beau-frère ( qui allait avoir à affronter ses 2 garçons survoltés , lui aussi ) . Tous deux étaient d'accord .... pour ne pas être d'accord du tout avec cette folle entreprise . Mais avec doigté .
Tout en nuance pour ne pas exacerber la détermination des 4 cousins . On se tiendrait au courant dès demain bien sûr .
Eh bien , les choses n'allèrent pas si mal qu'on aurait pu le craindre .
Grâce à la cuisine .
Maman fit mine de s'inquièter beaucoup de ce que ces nouveaux Robinson-Crusoë du Pays Basque allaient ingurgiter pendant plusieurs semaines , livrés à eux-mêmes autant qu'à un budget serré .
- Mais non ! Promis , on mangera correctement . Et puis il n'y a pas de Mc Do dans le coin , alors on sera bien obligés de se faire de la cuisine . (" et même de la bonne cuisine !" commenta Valentin-le-gourmet ).
- Alors là , je demande à voir !" dit Maman .
- C'est tout vu ! on sait faire ."
Pris au bond , les 2 innocents se laissèrent embarquer dans une affaire dont ils ne virent même pas la chausse-trappe .
- Eh bien , je vous propose de faire vos preuves : on vous laisse seuls , avec Julien , vos 2 cousins et Sébastien , chez Grand'père ( il habite un tout petit village en Normandie ) tout le week-end de Pâques et ... on verra ."
Ils ne pouvaient pas reculer .
A leur avis , il n'y avait d'ailleurs aucune raison d'hésiter .

Et c'est ainsi que la petite bande se mit aux fourneaux , après utilisation raisonnée du crédit alloué , tout comme celà se passerait au Pays Basque ensuite.

* Interdiction d'aller demander de l'aide à Grand'père - hébergé chez ses voisins pour l'expérience -
* Pas d'ordinateur ( la villa du père de Julien n'est pas équipée ; juste la télé ) .
* Rapatriement au 1er SOS
* Personne pour cuisiner ou faire le ménage ( il faudrait rendre la maison propre et rangée ! ).

Mais oui , mais oui .... allons-y !

Coup de chance : le samedi était jour de marché . Leur choix se porta sur des cuisses de poulet ... et un lapin dont Valentin était très friand . Sur le marché , ils étaient vivants , les lapins .
- Un beau lapin bien dodu , voilà !"
Le marchand l'estourbit d'un bon coup de maillet derrière les oreilles sous leurs yeux !... çà au moins c'était frais !
Encore un peu impressionnés par le sort de ce pauvre lapin , ils ne se firent tout-de-même pas "la honte" de demander comment on le découpait , ce n'était pas sorcier .

Des pommes de terre , des pâtes , des crèmes au chocolat , du lait , des céréales et du pain , vinrent à  bout de leur budget .

Et voilà . On passa aux choses sérieuses . Très sérieuses , même .
Le déjeûner fut prêt vers 15h30 ; le poulet avait un peu "attaché" , comme les pommes-de-terre , d'ailleurs , mais le tout était mangeable .
Le lapin était prévu pour le lendemain , mais Julien savait que "c'est meilleur réchauffé" , donc on le prépara samedi soir .
Enfin ... on essaya .
Ce n'est pas que ce soit compliqué : on fait rôtir et on met de la moutarde et une petite boite de champignons trouvés dans le placard de Grand'père . Non , ce n'est pas compliqué : c' est long .
Effondrés de fatigue , les marmitons se couchèrent à 2 heures du matin , écoeurés et inquiets .
Le lendemain matin ( enfin , vers 14 heures quand ils furent réveillés ) ils prirent une grande décision :
- Grand'père , S.O.S. , on ne s'en sort pas !" avouèrent-ils tout tristes.
La chose était prévue par les parents , bien au fait de leurs capacités .
Grand'père ne vendit jamais la mèche mais proposa d'accompagner tout ce petit monde au Pays Basque ... au grand soulagement de tous.

Après tout , personne n'avait besoin de savoir que c'était à cause du lapin : quand on essaie de le "plumer" touffe après touffe ( au lieu d'en enlever la peau ) ... c'est long .... c'est long ... et après , ça ne cuit pas .

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