Page précédente

Page suivante

INDEX                       Tout sur nous ?

Ecrivez-nous : unmomentdecalme@aol.com

* dire "Merci" à sainte Rita

* autre Ex Voto de remerciement

Sur la Page Tendresse vous trouverez un bon bol de soupe ... psychologique .
Vous verrez comme ça fait du bien .
Pour y participer : un petit mail de 2 ou 3 lignes ( pas plus ) .

Par contre , dans cet appêtissant assortiment , il n'y a pas de soupe au chou .
Notre ami explique la vieille rancune du corps médical ( d'un certain âge toutefois ) envers cette odorante soupe :
On disait dans les campagnes :

- " La soupe au chou , au médecin chaque jour ôte cinq sous ."

Vous imaginez un peu , en 1 ou 2 siècles , le manque à gagner que celà peut représenter ? Il faut être raisonnable , tout-de-même .

Et ce film ! Ah , quel film !>>>

Elle a maintenant une réputation inter-sidérale , cette délicieuse soupe au chou :Vous souvenez-vous ? On a bien ri .
 
>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>

" Des soupes et des amours , les premières sont les meilleures ."
disait-on au XVIème siècle . Bigre . Un connaisseur ?
On disait aussi :
" La soupe fait le soldat "
et il est vrai que les généraux en tournée d'inspection questionnaient de préférence les soldats sur la qualité de la soupe plutôt que de tout autre mets . Ecoutez et regardez cette jolie chanson :
" Les vieux de mon pays " qui honore les Poilus de 1914 .
Au fil des siècles le mot "soupe" est d'ailleurs devenu le synonyme de repas  ou d'alimentation .
" A la soupe , soldat !" sonnait la trompette .
"Marie trempe ton pain (bis) , Marie trempe ton pain dans la soupe"
         chantaient les vieux  bressans à l'issue des repas de fête .

" La soupe aux choux , mon Blaise , ça parfume jusqu'au trognon , ça fait du bien partout où qu'elle passe dans les boyaux ; ça tient au corps , ça vous fait même des gentillesses dans la tête .
Tu veux qu't'y dise ?... ça rend meilleur ."   
( R.Fallet )

Verlaine , lui , la trouve bonne à l'Auberge où l'hôte est un vieux soldat  , qui sait la valeur d'une soupe bien chaude :

 

Murs blancs, toit rouge, c’est l’Auberge fraîche au bord
Du grand chemin poudreux où le pied brûle et saigne,
L’Auberge gaie avec le Bonheur pour enseigne.
Vin bleu, pain tendre, et pas besoin de passe-port.

Ici l’on fume, ici l’on chante, ici l’on dort.
L’hôte est un vieux soldat, et l’hôtesse, qui peigne
Et lave dix marmots roses et pleins de teigne,
Parle d’amour, de joie et d’aise, et n’a pas tort !

La salle au noir plafond de poutres, aux images
Violentes, Maleck Adel et les Rois Mages,
Vous accueille d’un bon parfum de soupe aux choux.

Entendez-vous ? C’est la marmite qu’accompagne
L’horloge du tic-tac allègre de son pouls.
Et la fenêtre s’ouvre au loin sur la campagne.

 

Mais , on bavarde , on bavarde , et on parle surtout de soupe au chou ( A ce propos il faut noter qu'autrefois on mettait le chou au singulier  - "un chou ch'est un chou !.... cha doit venir de là ) et que maintenant il est du dernier chic , non seulement de faire de la soupe ( il y a même des "bars à soupe" ne servant que celà ...à des prix vous rassasiant d'ailleurs très vite ) mais aussi d'utiliser toutes sortes de choux , donc d'utiliser le pluriel . Pourquoi pas après tout . Dans les campagnes on n'avait parfois qu'une ou deux feuilles de chou à mettre dans la soupe , et on était déjà bien contents . Mais çà , c'est le passé .
Des soupes , il y en a des centaines , chaque famille ayant son tour de main ... et ses propres ressources en légumes , viandes , poissons ... ou idées . Voici quelques vieux souvenirs pittoresques :
La soupe aux épluchures :
c'était simple et bon : le secret consistait à laver les épluchures de tous les légumes utilisés pour d'autres plats , à les couper menu-menu , à les faire rissoler avec de tout petits morceaux de couenne de lard.... puis à y ajouter eau bouillante et aromates du jardin ... et à laisser mijoter tout doucement sur le côté de la cuisinière jusqu'au soir , en "rallongeant" la soupe de temps en temps (pas de pesticides à l'époque)
La soupe au potd'lard : ( rien à voir avec le Poudlard de Harry Potter ! ) : lorsque par exception on avait eu assez de lard pour faire une potée , après s'être bien régalée elle aussi , la mère de famille ne lavait pas le "pot" dans lequel la soupe avait mijoté : elle se contentait d'y faire dorer quelques feuilles d'un nouveau légume ayant beaucoup de goût
( céleri par exemple ) , et de mouiller d'eau contenant un peu de farine.
Et c'était bien bon !

- Il fait un temps à soupe dit "notre bon Docteur" en arrivant , emmitouflé et quasi grelottant , pas du tout en état de démontrer une fois de plus son goût et ses aptitudes en matière de bel canto . ( A ce propos , voulez-vous ré-entendre -- car vous le connaissez sûrement -- le somptueux Chant du Génie du Froid , de l'Opéra "le Roi Arthur" de Purcell ? C'est  inoubliable ) .
Mais revenons à nos frissons .
Notre ami ouvre maladroitement ( il a froid aux mains ! ) un grand sac qu'il tenait serré sous son bras et étale , devant nos yeux étonnés , une dizaine de petites boites de potage en sachet qu'il suffit de mettre dans une tasse d'eau bouillante pour déguster , 5 minutes après , une délicieuse soupe .
Et c'est vrai qu'elles sont bonnes et qu'il y en a pour tous les goûts : pas de bataille ou de froncement de nez à l'horizon , chacun tend la main vers le sachet de son goût , tomate , poireaux , légumes variés , soupe de poisson ... c'est une vraie bonne idée ! ( on vous la donne volontiers , succombez ! ).

Voici deux autres soupes au parfum de merveilleux .
 
La soupe de Saint Glougourde :
Glougourde était le cuisinier d'un monastère breton vers l'an 1600 .

Un jour , fatigué , il laissa tomber dans la soupe qu'il était en train de préparer , le "bouchon des écuelles" , cette poignée de foin avec laquelle on frottait le fond des écuelles de bois après le repas ( façon on ne peut plus écolo d'alors de "faire la vaisselle".)

Tombé au fond du chaudron de soupe , ce bouchon y mijota toute la journée , y relâchant ses multiples arômes
( l'ébullition prolongée tuant
tous les microbes il n'y a là aucune raison de s'inquièter dit notre bon docteur )
.
Au repas suivant la soupe fut très appréciée , notamment par les jeunes moinillons qui raclèrent à qui mieux-mieux jusqu'au fond de la marmite tandis que les bons pères retournaient à leurs grimaoires  
       

La soupe à la pierre .La recette de cette soupe se retrouve dans tous les pays du monde . Celà ferait presque réfléchir , non ?
On était au Moyen-Âge ; la famine , les guerres et les épidémies ravageaient les corps et les âmes . On avait peur , on s'isolait , on s'épiait , on souffrait .
Un jour un gueux arriva dans un village , quêtant un peu de pain .
- Nous n'avons rien , va-t-en !"
- Si vous êtes pauvres comme moi , voulez-vous alors partager ma soupe ? elle sera bientôt faite si vous me prêtez un pot et un feu ".

Pendant que l'eau chauffait il leur raconta les nouvelles des villages qu'il venait de traverser , allant et venant devant le chaudron , se baissant pour ramasser d'un air distrait un pissenlit , un chardon ou une ortie , une vieille pomme presque pourrie , de l'herbe ... qu'il laissait tomber négligemment dans l'eau .
Au premier bouillon , il sortit ostensiblement une grosse pierre de sa besace et la leur montrant , la fit glisser dans l'eau .

Tout content , Glougourde refit souvent (volontairement) la-dite soupe pour laquelle les jeunes moines pêchaient et repêchaient allègrement
Il en fit de plus en plus souvent .
ils en mangèrent de plus en plus et , bien nourris , firent d'énormes progrès en latin et en théologie , surpassant de loin les vieux moines (moins gourmands ).
 L'esprit de merveilleux du Moyen-Âge aidant , on attribua cette inattendue descente du Saint-Esprit sur les jeunes têtes du monastère ... à Glougourde , décrété illico "messager du Saint-Esprit" ... puis canonisé .

- Voilà qui va nous régaler "dit-il en humant d'un air gourmand . "il manque cependant un parfum : auriez-vous une fane de carotte ou quelques grains d'orge ou d'avoine?" On les lui trouva , c'est si peu de choses . Le fumet de la soupe prenait tournure . Il continuait à raconter ses histoires et même à chanter les derniers exploits des chevaliers . Tout en l'écoutant , chacun trouvait , dans sa chaumière ou dans le champ voisin , le petit rien qui manquait . Il y eut même des os déjà bien rongés , un reste de pain , une goutte de lait ....
A la fin de la matinée c'était une vraie bonne soupe odorante qui mijotait .
Il y en eut pour tout le monde et il en resta même pour le lendemain .
- Maintenant je m'en vais "dit le vieux mendiant "vous m'avez si bien régalé que je vous laisse ma pierre en cadeau . Tant que chacun d'entre vous aura une petite miette de quoi que ce soit , si vous faites la soupe tous ensemble , vous n'en manquerez jamais ."

©