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* dire "Merci" à sainte Rita

* autre Ex Voto de remerciement

Soyons simples - et même un peu naïfs , qu'est-ce que ça peut faire - : quelques mots d'espoir et de courage que nous mettrons sur la Page Tendresse seront peut-être "la grande idée" qui aidera quelqu'un .
Un mail de 2 ou 3 lignes suffit .

 

Ce qui s'est passé à Solferino
«Le soleil du 25 juin illumina l'un des spectacles les plus épouvantables qui puissent s'offrir à l'imagination». HD

Solferino , c'est l'horreur .

Que de sang , que de blessures , que de cris de souffrance ou
d' agonie ...
Toutes les guerres sont horribles mais Solferino fut particulièrement atroce .

Des blessés hurlant partout , des membres déchiquetés , des plaies béantes ... et rien pour atténuer toute cette souffrance .
D'un côté comme de l'autre .

On croirait que c'est pour Solferino que Victor Hugo a écrit ce poème >>>>>>>>>>>>>>>>>>>

Bêtise de la guerre        Victor Hugo

Ouvrière sans yeux, Pénélope imbécile,
Berceuse du chaos où le néant oscille,
Guerre, ô guerre occupée au choc des escadrons,
Toute pleine du bruit furieux des clairons,
Ô buveuse de sang, qui, farouche, flétrie,
Hideuse, entraîne l'homme en cette ivrognerie,
Nuée où le destin se déforme, où Dieu fuit,
Où flotte une clarté plus noire que la nuit,
Folle immense, de vent et de foudres armée,
A quoi sers-tu, géante, à quoi sers-tu, fumée,
Si tes écroulements reconstruisent le mal,
Si pour le bestial tu chasses l'animal,
Si tu ne sais, dans l'ombre où ton hasard se vautre,
Défaire un empereur que pour en faire un autre ?

 


Et cette horreur  dura de 3 heures du matin jusqu' à la nuit .

Et pendant ce temps-là , quelqu'un arrivait au grand galop des chevaux de sa berline .

Regardez : le film de Christian-Jacque  , c'est le jeune élégant habillé de blanc , tout heureux de savoir que l'on approche enfin de Napoléon III qu'il veut rencontrer à tout prix ... et tout-de-suite .
Intéressant , ce jeune homme , vous allez voir .
* Serait-ce un pacifiste venu tenter de mettre fin au conflit ?
Non .
* Alors un ennemi de l'empereur se disant qu'il pourrait l'approcher plus facilement pour le tuer , au milieu de tout ce chaos ? Non plus .
* Un admirateur venu supplier Napoléon III de ne pas rester au milieu des tirs , une balle perdue c'est si vite attrapé ? Non , non .
* Un précurseur de grand-reporter , un illuminé , un futur aïeul voulant pouvoir dire un jour " j'y étais !" ?   Rien de tout celà .


Voilà au milieu de quoi il débarquait , avec son petit air bien comme il faut , son costume blanc ... et son plan .
Car il avait un plan .
Ce n'est pas en touriste qu'il venait à Solferino .

Ce plan n'était pas compliqué , après tout : simplement aller faire signer par l'empereur lui-même l'autorisation d'exploiter une chute d'eau voisine des moulins à blé qu'il a fait construire dans la région de Constantine , en Algérie . La lenteur de l'administration va le conduire à la ruine , Il se pense capable de convaincre l'empereur , et de rentrer triomphalement , autorisation signée en poche , pour mettre en route ce projet qui lui est cher sur le plan personnel MAIS AUSSI sur le plan social , car notre "élégant" est un altruiste authentique .

Oui mais voilà , dans cette tuerie généralisée , dans ce vacarme effrayant , notre jeune homme va "recevoir l'Idée " .
On a dit souvent que les grandes idées flottent autour de la Terre  ne cherchant qu'à intégrer le coeur des hommes ( ou , à défaut , leur cerveau ) . .
Eh bien , une grande idée devait flotter ce jour-là , cherchant un coeur assez pur , ou assez naïf , pour l'accueillir .
Bingo ! Elle fondit comme l'éclair sur notre jeune homme .

Lisez sa vie , c'est fou  ; des montagnes russes ! ( en vente sur internet ! ).
 
Vous l'avez reconnu , c'est  Henry Dunant , vous vous en doutiez .
Que de bêtises n'a-t-on pas dites à son propos !
Non , il n'était pas un riche banquier genevois : après de piètres études il a fait un court passage dans une banque , c'est à peu près tout .
Par contre , c'est un visionnaire de l'action sociale : il faut donner du travail aux pauvres , les payer et les aider à mieux vivre ! Ce n'est pas avec de telles idées que l'on fait fortune , surtout à l'époque . Ce n'est pas çà qui l'arrête , il continue , en Algérie , en Tunisie ... essayant de réussir ses beaux projets avec innocence et opiniâtreté .
il est inventif et un peu naïf : pour accèlérer la réponse de l'administration à propos de la fameuse chute d'eau nécessaire à ses moulins , il demande même la nationalité française ( mais les fonctionnaires n'ont pas toujours le neurone patriotique , aucune accélération hélas ) ...
 

A Solferino , Henry va oublier complètement son objectif ....

C"est dès son arrivée sur le champ de bataille qu'il est frappé ..." à vie ".
Ce ne sont que blessures horribles et uniformes à peine reconnaissables tellement ils sont trempés de sang .... mais , du sang Italien , Autrichien ou Français ?
Ce ne sont que gémissements ou hurlements , ou appels poignants à des Mamans qui vont bientôt les  pleurer ... mais des cris Italiens , Autrichiens , ou Français ?
Le sang de tous se répand , rouge .
Les cris de tous sont inhumains .
TOUS sont frères de mort et de souffrance . Etrange sensation .


 
Henry se laisse couler dans le flôt furieux et terrifiant  de la bataille et s'y démène , comme un fou .
Plus rien n'existe que la souffrance et la fin qui tarde à abrèger les cris et les râles .

Il n'y avait rien pour apaiser . Rien pour soigner .

A l'époque la mort était le prix "nécessaire" de la guerre . Napoléon 1er et ses multiples campagnes .... ce sont environ
3 000 000 de morts .
Solferino seul ... 10 000 morts .

Il y avait plus de vétérinaires que de chirurgiens ou d'infirmiers sur les champs
de bataille .

Henry soutient , porte sur son dos , tente de relever , ceux qui ont
encore un souffle de vie et pour  lesquels il faut qu'il se batte , à sa manière .
 Ces pauvres blessés on essaie de les mettre à l'abri et de les regrouper comme on peut , les uns d'un côté , les autres plus loin ... du moins au début , mais bien vite leur nombre les réunit . Ceux qui sont encore valides les déposent où ils peuvent et retournent tuer et se faire tuer .
Alors arrivent les femmes et les vieux , pour tendre leurs bras .

Ils viennent du village le plus proche : Castiglione delle Stiviere , où est né St Louis de Gonzague
( patron de la jeunesse mondiale  dont nous avons déjà vu la statue dans l'église de Solferino ) .
Tous traînent comme ils peuvent ces malheureux combattants , ceux qui seront dits "vainqueurs" par la suite , comme ceux qui sont déjà "vaincus" , dans l'église de leur village , sous les tirs du canon et des fusils .
Et là ... on fait ce que l'on peut : le plus souvent pas grand'chose , mais déjà une main qui se pose sur un front , un peu d'eau , un pansement , une parole ... c'est beaucoup . C'est "tout" .

C'est alors que "l'idée"devint nette , impérieuse , éblouissante.
Il ne lui faudra que quelques mois pour lancer les bases d' une nouvelle   " loi " dans les guerres que les hommes continueraient à se faire :
* former en temps de paix des sociétés de secours neutres pour soigner tous les blessés de tous les champs de bataille
* faire reconnaître , protéger et signaler ces infirmiers volontaires
* ériger ces principes en une convention "internationale et sacrée" .
ce qui fut signé définitivement le 22 août 1864 à Genève .

cet emblème ( le drapeau suisse inversé ) est universellement reconnu : il est celui de la Croix-Rouge
( allez lire ce qui la concerne sur Internet)

Passé le portail du fond de l'esplanade , un impressionnant Mémorial évoque l'union de la plupart des pays du monde

Allez voir , toujours dans le film de Christian-Jacque , les premiers pas de la Croix-Rouge sur un champ de bataille .

Quand l'homme se montre "humain" c'est son destin qui avance
.Puisse-t-il s'en souvenir aujourd'hui .

Pourquoi ne pas vous avoir raconté tout celà sur la page "Solferino" ?
( nous vous avons montré le portail qui mène , vers la Rocca  ) ...c'est
 
... parce qu'il ne s'agit pas là du récit du voyage de Lulu, mais de celui
d'
une idée qui a fait grandir l'Homme.

                On n'est pas obligé d'être un grand homme :
               c'est déjà très joli d'être un homme . A.Capus

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