Page précédente

Page suivante

INDEX                       Tout sur nous ?

Ecrivez-nous : unmomentdecalme@aol.com

* dire "Merci" à sainte Rita

* autre Ex Voto de remerciement

Pas besoin de faire desz bonds et des pirouettes pour enrichir la Page Tendresse : un petit mail de 2 ou 3 lignes , plein d'espoir et de courage et le tour sera joué !
 Arlequin ? C'est fou !
On le croirait né au XVIIème siècle à peu de choses près , en Italie
( en partie grâce aux nombreux tableaux et illustrations pour les enfants et pour le théâtre qui firent sa célébrité à l'époque ) ... mais c'est faux .
En fait , on ne s'y retrouve pas trop . Le mieux est d'essayer de le suivre à la trace , géographique-ment . Vous allez voir qu'il a fait du chemin !
*** Nord de l'Europe : Il serait de
la famille du dieu Wotan , ou même "roi des Enfers" , dans la tradition germanique . Certains en font même "le diable" , mais on dit tellement de choses...

Et puis , on ne sait pas trop comment , toujours dans le Nord puis en France , on le trouve embrigadé dans une drôle de troupe , païenne à l'origine , puis "récupérée" par la religion pour appuyer ses menaces en cas de déviation du droit chemin : des cavaliers maudits , errant pour l'éternité à la recherche d'autres âmes perdues .... BBrrrrrrrrr !!! ... on appelait cette horde la mesniee d'Hellequin et on parlait de la "chasse sauvage" à laquelle elle se livrait , en épouvantant , à juste titre ,  les populations impressionnables et misérables de l'époque .  Hellequin , lui , avait bel et bien existé , on ne sait plus trop où ,
sous divers noms : Hennequin , Hernequin , ... on ne sait plus trop bien , mais il en reste une idée de violence , de bataille , de cris et de fureur .
Il existe une chanson de geste du Comte Hernequin , au IXème siècle .Elle raconte les exploits et les épreuves du comte de Boulogne , qui aurait affronté les sauvages et sanguinaires Vikings .
Et on n'est même pas en l'An Mil !
On vous laisse imaginer tous les développements qui ont pu se diffuser alors , en Fance , en Angleterre , etc.... un poème !

En effet , en 3 ou4 siècles , les choses se transformèrent sérieusement pour Hellequin , tout simplement parce que l'homme a la mémoire courte et sélective et qu'il refait toujours l'histoire comme ça l'arrange .
 Le nom disparaît et se transforme petit à petit dans toutes les déclinaisons pour former enfin  "Arlequin" . On est toujours en France .
Mais , en Italie , qui est assez cultivé pour connaître nos texes ?


Dante , bien sûr !
Dans le chant XXI de son "Inferno" il nomme un diable "Alichino".

Voilà Arlequin ( là-bas Alicchino )  naturalisé italien , vers 1570 ?
Il va conquérir le très actif théâtre italien , qui va devenir la Commedia dell'Arte et transformer complètement la personnalité d'Arlequin , qui reste capable de fourberie , pirouettes et "diableries" diverses , mais devient aussi un valet , un serviteur et non plus un "chef de bande" comme il l'a été .
La Commedia étant sensée faire rire , Arlecchino va faire rire !

Sous l'impulsion d'un paysan bouffon de la Commedia dell'Arte qui lui donne un accent un peu traînant ( comme à Bergame ) , voilà notre Arlequin redevenu célèbre en France !!!!!!!!
Et puis , décidément , il retourne en Italie , car c'est là qu'il rit le mieux . Qu'on se le dise : aux yeux des italiens , Arlequin est italien , né à Bergame , et c'est tout .
Son costume se fixe peu à peu .

Le costume d'Arlequin ?
Il a donné lieu à de nombreuses légendes .

*** A l'origine , il aurait été blanc , comme celui de Pulcinella , autre vedette de la Commedia , mais peu à peu , au gré des multiples tâches auxquelles Arlequin s'est essayé avec plus ou moins de réussite , il s'est maculé de toutes sortes de couleurs .
Peut-être .
*** Mais on dit aussi que ce pauvre Arlequin travaillait pour un vieil avare qui lui fit faire son costume avec les petits bouts encore utilisables de ses vieux habits déjà usés jusqu'à la corde .
Possible .
*** Peu flatteur : Arlequin aurait été surpris par son maître en train de lui dérober de l'argent ( ou bien à manger , on ne sait plus très bien ) et qu'en punition le maître l'aurait fait vêtir de vieux oripeaux bigarrés et , monté sur un âne , passer dans toutes les rues de la ville pour qu'on lui fasse honte . Le "hic" c'est que celà fit beaucoup rire et que l'on copia cet accoutrement au carnaval suivant .
Pourquoi pas ?

Beaucoup plus tendres , sont les deux  versions qui disent que

*** ce sont les petits copains du jeune Arlequin qui lui apportèrent chacun un morceau d'étoffe pour qu'on lui fasse un vêtement ...

*** ou bien que c'est la Maman d'Arlequin , couturière , trop pauvre pour acheter de quoi l'habiller , qui aurait passé des nuits et des nuits à coudre ensemble les chûtes de tissu des habits de ses clients pour lui en faire un beau costume , bigarré mais bien ajusté .
Notre préférée .

Alors , ce costume ?
Il est très précis :
* tout d'abord , Arlequin porte un masque noir avec une grimace qui lui ride le front et les joues . Celà évoquerait , non pas l'Afrique pas encore à la mode à l'époque , mais peut-être les Enfers ou encore les charbonniers de la région de Bergame . En tout cas , il est assez impressionnant , avec sourcils et parfois barbe en broussaille .
Les yeux ne sont que 2 petits trous ronds ( ce qui l'obligeait à faire de petits pas sautillants )
Arlequin porte aussi un chapeau
Ce chapeau est blanc , orné d'une queue ou d'une patte de lapin ou de renard  et d'une tache rouge sur le devant ( ou sur le front ) réputée être une corne du diable (ou une verrue ?).
Sa jaquette est ajustée ( il est très mince ).Une ceinture de cuir porte une petite bourse toujours vide et le "batacio" (bâton) sorte de brosse ou  de grande cuiller en bois avec laquelle on remuait la polenta . Lui , il s'en sert pour "rosser" ses ennemis, ou feindre de se battre lui-même !

Au fil des années l'attitude d'Arlequin évolue aussi .
De gros balourd un peu niais , goulu , sans scrupules et paresseux qu'il était , il devient peu à peu , grâce sans doute à ses séjours à la cour de France comme à celle d'Espagne , un jeune coquin déluré , toujours  gourmand , mais fûté , sachant se tirer d'affaire par une pirouette , au propre comme au figuré .
Son appartenance à la Commedia dell'Arte lui donne de la verve  (car le spectacle était surtout une improvisation à partir d'un thème).Certains acteurs furent célèbres dans ce rôle .

Sa fonction , elle , ne change pas , il reste un serviteur ( parfois de deux maîtres à la fois , selon Goldoni  ).

Ses rappports avec ses maîtres restent toujours conflictuels : il se trouve mal nourri , mal payé , injustement traité ... et se fait justice , en essayant , par ses sauts ( au propre comme au figuré ) de ne pas se faire prendre ( ni pendre , d'ailleurs !).
C'est un rôle physiquement très difficile et plusieurs acteurs se sont tués en faisant un mauvais saut ou en enchaînant trop de pirouettes .

Arlequin devient très populaire ; il étonne , il fait rire , il plaît .... et puis , surtout il a deux caractéristiques dans lesquelles le petit peuple qui le  regarde ( lui aussi maltraité , exploité , dénutri ) ne tarde pas à se reconnaître :
*** s'il a le génie de se mettre perpétuellement dans des situations impossibles , il ne se décourage jamais ; tout lui est bon pour se tirer d'affaire , et il y arrive ! Bravo , Arlequin !
*** et puis , il a cette dualité d'espoir et de crainte qui taraude si souvent l'être humain : - il est toujours affamé ; s'il trouve de quoi manger il se lamente déjà sur la faim qu'il aura demain ; - il est toujours fatigué et cherche à éviter toutes les corvées ... en se lamentant déjà sur les fatigues qui l'attendent le lendemain ; - il se voudrait quasi angélique ... mais cède bien vite à la tentation ....
Bien plus humain et profond qu'il n'y paraît , Arlequin .

Encourageant , cet Arlequin , si l'on veut bien le regarder avec les yeux du coeur , lui donner "une seconde chance" comme on dit maintenant ; lui aussi , il dit à sa façon :
" Aide-toi , le Ciel t'aidera ."
et aussi :
" N'abandonne jamais :
il n'est jamais trop tard ! "

... vous imaginez bien que çà ,
ça nous plaît , depuis le temps que nous le répétons !

©