Encore une couche !
©
Le gâteau de la belle-mère .
La même belle-mère que précédemment faisait , avec un orgueil  personnel que rien ne justifiait vraiment , le fameux gâteau aux "Thé Brun " .
Même processus livresque : elle ressortait le texte intégral de la crème au beurre qu'elle intercalait avec parcimonie entre 4 couches ( pas plus , et alignées sur 3 colonnes , comme à la parade) de biscuits imbibés de café ( NB : exclusivement des "Thé Brun" sans quoi rien n'était possible paraît-il .).
C'était bon , c'est vrai , mais un rien bourratif et compact ....et avec de petites portions compte-tenu de la taille initiale du gâteau .
L'une de ses belles-filles ,( la dernière venue , celle qui ne doutait de rien ), adapta la recette qui devint le dessert de fête des petits-enfants . Crime de lèse-belle-mère , s'il en fut . Surtout si l'on songe que les petits , oublieux des recommandations pa-ternelles réitérées (il a ses défauts , comme tout le monde , mais il connaît sa mère !) , s'empressèrent de dire à la grand-mère que Maman aussi faisait  souvent le même gâteau , et dans le plus grand saladier de la maison .    Horreur . Elle n'en refit pas, pendant des années .
Voici la recette coupable :
*** 3 paquets de biscuits type "petit-beurre "
*** trempés dans du décaféiné  corsé et sucré (c'est mieux , pour les petits)
*** 3 grandes boites de crème type "Mont-Blanc" au chocolat / au praliné / truffé , etc...selon les goûts ;
et il n'y a plus qu'à alterner les couches biscuit-crème (dans un saladier ), en imbibant bien les biscuits et en ne regardant pas sur la crème .
Pas de cuisson . Laisser reposer au frigo 24 heures (si vous arrivez à éloigner les gourmands pressés) . C'est tout . Economique et délicieux .
" Et vive mon ex-belle-mère " dit l'une d'entre nous !
Décidément , les souvenirs reviennent .
 Notre bon Docteur aurait-il comme de petits remords ?
(NB : " remords : ce que l'on éprouve la nuit"   selon un jeune écolier qui a déjà vécu ).
Dans les années 50 beaucoup de petits hôpitaux étaient tenus par des congrégations religieuses d'un dévoûement inlassable ( encore qu'un peu rébarbatif parfois).
C'était le cas de Saint XXX .
L'hôpital reçut un jour 3 jeunes religieuses espagnoles venant apprendre soins et langue . La Mère Supérieure convoqua internes et stagiaires et leur demanda d'aider les jeunes religieuses à apprendre le français , puisqu'ils allaient travailler à leur côté ; elle insista naturellement sur le caractère sacré des nouvelles venues . Tout se passa très bien . Formules de politesse ,mots techniques, étaient expliqués et répétés aimablement autant que nécessaire .
Un climat de confiance amplement justifié s'installa bientôt .  
 


On en vint donc au stade supérieur . D'exquises formules de politesse ( on en connaissait encore à l'époque) émaillèrent bientôt les déjeûners pris tous ensemble au réfectoire . La Mère Supérieure exultait .
Les garnements rongeaient leur frein .
Mises en confiance , les petites soeurs espagnoles ne demandaient qu'à apprendre . On leur expliqua donc qu'elles allaient apprendre maintenant l'élégance de la langue mais qu'il fallait attendre la grande occasion , par exemple la visite annoncée de "Monseigneur" venant inspecter ses troupes pour utiliser leurs nouvelles connaissances et surprendre agréablement la Supérieure .
Vous craignez le pire à juste raison . La Mère Supérieure, elle , pêcha par manque d'imagination.
Et au jour dit , après avoir déjà douté un peu en entendant , lors du repas , l'une de ses petites protégées rajouter au Bénédicité que grâce à la Mère on avait l'habitude "de s'en mettre plein la lampe "...elle connut l'horreur absolue lorsque l'une d'elles répondit aimablement aux félicitations de Monseigneur qu'elle était très contente d'être là et prierait pour qu'il se paie lui aussi du bon temps , tandis qu'une autre la regardait avec fierté en lui disant : - Hein , Révérende Mère , vous êtes fière de nous ?...ça vous la coupe , non ?" .
Il paraît que les 3 bonnes élèves furent transférées rapidement dans un autre établissement . Pour parfaire leur culture .
une chanson pour Monsieur Paul
(Huit chansons reverdies dont quatre pleurent et quatre rient . Max Elskamp)

Le navire

La troisième , elle , est d'un navire
Avec tous ses drapeaux au ciel ;
La troisième , elle , est d'un navire
Ainsi qu'ils vont sous le soleil ,

Avec leurs mâts avec leurs ancres ,
Et leur proue peinte en rouge ou vert ,
Avec leurs mâts , avec leurs ancres ,
Et tout en haut leur guidon clair .
Or , la troisième , elle , est dans l'air ,
Et puis aussi , elle , est dans l'eau ,
Or la troisième sur la mer
Est comme y sont les blancs bateaux .

Et les rochers , et les accores ,
Et terre dure ou sable mol ,
Et les rochers , et les accores ,
Et les îles et les atolls ;

Et la troisième est seule au monde
En large , en long , en vert , en bleu ,
Et la troisième est seule au monde
Avec le soleil au milieu .
Et n'oubliez pas :
non seulement..." moins une chose est plus arrivée....plus elle est moins arrivée "...comme dit un jeune (et néanmoins prometteur )cancre de notre connaissance , mais surtout
" le soleil n'est pas chez nous en ce moment , mais il reviendra ...et ça , c'est chic  !...qu'est-ce qu'on sera contents de le retrouver...plus que s'il n'était pas parti !..."  (ce n'est pas complètement faux , ça !...c'est de la petite soeur du jeune cancre ci-dessus ;  famille gâtée par la nature , comme vous voyez  .) .
écrivez-nous , racontez-nous ! unmomentdecalme@aol.com
 
retour à l'INDEX      page précédente     page suivante