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* dire "Merci" à sainte Rita

* autre Ex Voto de remerciement

Sur la Page Tendresse , on ne chante que les beautés de la vie , mais on y caquette aussi beaucoup d'encoura-gements . C'est sympa .

Pour l'enrichir : un petit mail de 2 ou 3 lignes , pas plus .

 

Qui caquette  (ou caquète ) ?

Ce n'est pas le coq , vous pensez bien , pauvre chou ! On ne va quand même pas l'affubler d'un pareil travers . Tandis que la poule se donne le mal de pondre ( ce qui n'est peut-être pas si facile que çà , tout bien considéré )et accompagne l'effort d'une série de gloussements qui font dire qu'elle caquette , le coq , lui , chante !
C'est tellement plus chic .
   Pendant ce temps-là , les poussins pépient , attendant de savoir à quelle sauce ils seront mangés : en tant que "poulet"
( fille ou garçon ) , voire de "poule" , ou même  - ô gloire -  de coq
( pour peu qu'ils soient nés "garçons ", tout-de-même ) .

Il y a vraiment des moments où Dame Margaret Thatcher nous manque , elle qui sut rappler fort à-propos que si c'est bien le coq qui chante , c'est tout-de-même , coq ou pas , la poule qui fait les oeufs .

il y a des moments comme çà où quelques vérités premières doivent être rappelées .

Dont acte .

En fait , il existe d'autres mots pour définir le "bruit" émis par le coq : on peut dire
* qu'il coquerique
* qu'il cocoricote
* qu'il cocorique
* ou même qu'il ... coqueline .

"Trop mignon tout çà !" diraient nos petits-enfants .
Un reste de notre bon vieux machisme ancestral a fait préférer définitivement le verbe "chanter" à tous les autres , naturellement . il fallait s'y attendre .

Une merveilleuse légende :
quand le coq et la poule chantèrent à l'unisson .
il paraît que ce n'est pas une légende , mais un authentique miracle qui a rendu célèbre
Saint Dominique
de la Calzada
( saint Dominique du Chemin ).

Nous allons vous raconter çà .

Vous connaissez la renommée , et l'existence toujours très vivace du Pélerinage à Saint Jacques de Compostelle . Il est sans doute le pélerinage le plus connu du monde , non seulement par son ancienneté ( du Moyen-Âge à aujourd'hui ) et par la longueur du  Chemin à parcourir ( plus ou moins 1000 km , selon l'endroit d'où l'on part ) .
Théoriquement , le "Chemin de saint Jacques" se fait à pied , progressant lentement , au fil des semaines , à travers champs et bois , montagnes et gorges encaissées , comme à travers soi-même . N'hésitez pas ,  lisez (sur Internet ou dans l'un des multiples livres qui la racontent )cette expérience extraordinaire . Mais là n'est pas notre propos aujourd'hui .
Notre propos , c'est la matérialité de ce "Chemin" .
Pour les centaines de milliers de pélerins qui s'y élancèrent , il fallait un sol aplani ( le chemin lui-même)et signalisé pour  pouvoir y marcher sans trop de difficultés , mais aussi des refuges , des abris , des points d'accueil où trouver soins , gite , couvert , encouragement et réconfort .
Ce n'était pas une mince affaire . Le "chemin" traversait des états , des provinces , des montagnes etc... Localement beaucoup de gens oeuvrèrent de tout leur coeur pour aider les pélerins .
L'un des plus sympathiques de ces aide-pélerins , si l'on peut dire, s'appelait Domingo . Pieux et simple petit berger basque , il fut sèchement éconduit par tous les monastères espagnols auxquels il se présenta .
- C'est sûrement que ce n'est pas mon chemin " se dit-il humblement et prémonitoirement sans doute . Du coup ... il se fit ermite .
Allant prier deci-delà dans la montagne il se rendit compte du grand dénuement des pélerins ... et consacra sa vie à leur faciliter ... le chemin vers Compostelle . Il construisit un hospice pour les pélerins , améliora pentes et passages , édifia ponts et chapelles , bref , fit oeuvre d'ingénieur en travaux publics ( dont il devint le saint patron). Il meurt au tout début du XIIème siècle et se met aussitôt à la tâche...en accomplissant miracle sur miracle , au bénéfice des pélerins la pupart du temps .  

On chuchotait que ses ponts , édifiés pour l'amour de ses semblables , menaient au paradis .

Comme il s'obstinait dans cette voie miraculeuse attestée par le peuple , il fallut bien finir par  le  reconnaître "saint" .
Comme il existait déjà le "grand" saint Dominique , on baptisa notre ingénieux et humble bâtisseur : saint Dominique du Chemin ( de Compostelle ) .
Les pélerins n'oubliaient ( et n'oublient toujours pas ) de se mettre sous sa protection pour faire un bon "Chemin " .

NDLR : ces pages nous ont valu pas mal de courrier ( féminin et approbateur ) ; allez voir Page Tendresse 66 .

©

Arrivés là , vous vous demandez sûrement que vient faire ce saint , aussi aimable soit-il , dans des pages consacrées aux coqs et aux poules .
On y vient .
L'histoire se passe dans le village où notre saint ermite termina son chemin terrestre ; le nombre de ses miracles fit rebaptiser l'endroit " San Domingo de la Calzada " , reprenant le nom de ce saint si gentil pour les pélerins .
La date est peu précise : au XIVème siècle environ .


Une famille arrive à San Domingo après avoir traversé la moitié de l'Europe environ pour faire son chemin de Compostelle .
Mais , erreur fatale , ils choisissent une auberge nouvellement créée au lieu du modeste refuge bâti par le saint ermite .
 

Celle-ci appartenait à un sale individu , adroit à détrousser les voyageurs - un peu comme dans l'Auberge Rouge , avec Fernandel.
Sa technique était bien au point : il glissait un objet de valeur dans les bagages des voyageurs , puis les faisait rattraper par la maréchaus-sée. au 1er tournant de la route .
Pas de défense possible : pendus haut et court , avec leurs biens attribués à l'aubergiste à titre de ..."dédommagement " .
c'est ce qui se passa dans notre histoire , et celui qui fut pendu , ce fut le fils de la famille .
Les pauvres parents prièrent san Domingo mais aucun miracle ne survint et ils allèrent , portant leur peine , jusqu'à Compostelle .
Au retour , en passant devant l'arbre où avait été pendu leur pauvre garçon , ils eurent la surprise de l'entendre les hèler :
- Ah mon Père , ah ma Mère , que je suis aise de vous retrouver ! Monsieur San Domingo m'a nourri et abrité pendant votre absence et je suis bien vif et joyeux !"
Fous de joie les parents se précipitèrent chez le juge pour obtenir le corps de leur fils .
Celui-ci était glouton et borné . Il était attablé devant un vrai festin .
- Bien sûr ! Vous aurez votre fils quand cette poule au pot et ce coq en daube se mettront à chanter !" se moqua-t-il ....mais pas longtemps , car le coq sortit de sa sauce , la poule de son bouillon ...tous deux s'ébrouèrent et se mirent à chanter à l'unisson .
Il fallut bien rendre le jeune homme à ses parents , et l'histoire se répandit à tel point que la prière à San Domingo en fut modifiée .Maintenant on dit : >>>>>>>>>>>
"san Domingo de la Calzada , là où la poule et le coq déjà cuits se sont mis à chanter , protégez notre Chemin ! "

Ce saint tout humble et tout amour  , à partir de ce jour , fut représenté entouré d'un coq blanc et d'une poule blanche elle aussi ,
(on ne doit connaître que cette race blanche au Paradis , mais ce n'est pas grave ) ils sont bien plantés sur leur pattes et pas du tout au fond d' un pot ou sur un plat . Prêts à chanterr , ça se voit .

 
Le plus beau de l'histoire c'est que encore de nos jours , dans la basilique de san Domingo de la Calzada , pas loin de Rioja , il existe une somptueuse cage dans laquelle picorent un coq blanc et une poule blanche bien vivants .
( ils sont remplacés au bout d'un mois et très chouchoutés ) . On ne peut pas leur prendre de plumes en souvenir , mais un grand sourire au sacristain vous permet souvent d'en avoir une , tombée naturellement .

                     NB : Pas moyen d'y envoyer Lulu pour avoir un beau reportage , il paraît que ... ce n'est pas son chemin !