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INDEX                       Tout sur nous ?

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* dire "Merci" à sainte Rita

* autre Ex Voto de remerciement

Promenez-vous sur la Page Tendresse , il y a souvent un petit grain d'espoir ou de force à y picorer .
Et puis , quand ça ira mieux , enrichis-sez-la à votre tour  ( un petit mail de 2
ou 3 lignes , pas plus ).

 

Le monstre que vous voyez ci-contre est signé ...Lulu .
Elle n'a même pas l'excuse de ne pas avoir vu de coqs depuis longtemps puisque , dans les pages précédentes , elle nous a donné quelques belles photos de volatiles italiens , plus ou moins louches mais authentiquement gallinacés .

Pourtant , ce n'est pas si difficile , de dessiner un coq : >>>>>>>>>>

Vous prenez un melon , de Honfleur , pour le torse .
Pour les deux jambes , deux asperges d'Argenteuil .
Pour la tête , un piment , de Bayonne . Pour l'oeil ,
Une groseille de Bar-le-Duc . Pour la queue ,
Un poireau de Rouen , tordant sa gerbe bleue .
Pour l'oreille , ô Soissons ! un petit haricot .
Ça y est . C'est un coq !

 Nous apprenions çà , dans notre jeune temps .
Et savez-vous qui l'a dit ?
Le merle  ( c'est un sale moineau celui-là ! ).
Dans
Chantecler , d'Edmond Rostand .

Les jolies descriptions ne manquent pas dans Chantecler .
Celle du pigeon est on ne peut plus poétique , mais très évocatrice finalement :

Moi , je vois , sous un cimier qui tremble
Venir le Chevalier superbe de l'Eté ,
Qui pour se draper d'or semble avoir emprunté
A quelque char du soir où la moisson vacille
Sa cape , qu'il retrousse avec une faucille !

Comme c'est décrire avec finesse la crête qui caractérise notre coq , ce "cimier qui tremble" . Chanteclair , toujours lui , en parle avec orgueil et poésie quand il s'adresse aux poules qui partent en champ :   
Quand vos crêtes de sang ,

Apparaissant , disparaissant , reparaissant ,
Auront , là-bas , parmi la sauge et la bourrache ,
L'air de coquelicots jouant à cache-cache ,
Ne faites pas de mal aux vrais coquelicots !
Les bergères , comptant les mailles des tricots ,
Marchent sur l'herbe , sans savoir qu'il est infâme
D'écraser une fleur , même avec une femme :
Vous , mes Poules , soyez pleines de soins touchants
Pour ces fleurs dont le crime est de pousser aux champs .
La carotte sauvage a le droit d'être belle .
Si sur la plate-forme exquise d'une ombelle
Marche un insecte rouge et pointillé de noir ,
Cueillez le promeneur , mais non le promenoir ! ........

il nous était facile alors d'émailler nos "compositions françaises", comme on disait alors , d'images toutes plus poétiques les unes que les autres ... ce qui nous assurait d'avoir au moins la moyenne aux examens ., la plupart des professeurs de l'époque étant férus de "belles-lettres" .


                 


           

Voilà de quoi dessiner un beau coq , non ? Parce qu'il est beau :   "Je suis beau . Je suis fier .
Je marche.Je m'arrête.
J'esquisse une gambade ou de brusques écarts !
Et parfoiis il advient que par quelque amourette
Je scandalise la charrette
Qui lève au ciel ses deux brancards !"  ( Chantecler )

En fait il est souvent près de la fermière , généreuse en grains :!
 

Il faut reconnaîte qu'il y a , comme partout , des individus un peu bizarres dans la population gallinacée mondiale : vous souvenez-vous du "Coq-à-Pacaud" ? Et que pensez-vous de l'attitude de ceux qui participent , moralement au moins , à la préparation du "Palio des cocottes ?
Mais surtout , surtout ,  
 allez ré-écouter Claude Nougaro raconter l'histoire du coq amoureux d'une pendule dans une ferme du Poitou !

©

Mais , où va-t-il,
maintenant qu'il est dessiné , ce beau coq ?
*A la campagne ... ou en ville !
*Ou au sommet des églises !
*Ou sur les drapeaux , étiquettes , etc ... Il est partout ce coq .
Surtout en France ... puisqu'il est notre symbole national :
le coq gaulois !
Nous en avons même surpris un , nostalgique , près d' une vieille échelle :  >>>>>>>>>>>
 

La vieille échelle : (M.Rollinat)

Gisant à plat dans la pierraille,
Veuve à jamais du pied humain,
L'échelle, aux tons de parchemin,
Pourrit au bas de la muraille.

Jadis, beaux gars et belles filles,
Poulettes, coqs, chats tigrés
Montaient, obliques, ses degrés,
La ronce à présent s'y tortille.

Mais, une margot sur le puits
Se perche... une autre encore !
et puis,
Toutes deux quittant la margelle

Pour danser sur ses échelons,
Leurs petits sauts,
tout de son long,
Ressuscitent la pauvre échelle
.

Ses 2 lieux de prédilection  dans l'inconscient populaire ?
la girouette et ...le fumier  !
         
Et pourquoi ?  
Parce que ce vieux réveil-matin a été "récupéré" , au IXème siècle, pour en faire le symbole de la foi : la venue du jour après la nuit , de la vie après la mort ( on oublie St Pierre ! ... mais pas les Italiens qui disent "menteur comme un coq !")On a donc mis des coqs en haut du clocher des églises , puis des maisons , des drapeaux , etc ...

"quelque girouette inconsolable grince
Seule, au sommet des toits, comme un oiseau de fer !
"     (Rodenbach)

... quant au fumier ...
* remarquez , ce n'est pas si péjo-ratif que çà : autrefois à la campa-gne on mettait le fumier devant la porte parce que celà montrait aux voisins combien on était riche ! Le coq , fûté , le fréquentait donc .
Classe et opulence .
* la seconde raison serait notre arrogance nationale bien connue.
le coq est symbole de combati-vité , de virilité , de prospérité .... tout le Français moyen , quoi !....
et notre capacité "à chanter les 2 pieds dans la ...."boue" paraît-il , notamment depuis la Révolution qui le prit aussi comme symbole .
Remarquez aussi que cette réputation n'est pas nouvelle : Suétone lui-même ( 69 à 140 après JC ) "nous" traita de "coqs" car "gaulois" et "coq" se disaient "gallus" ... d'où le jeu de mots .

Ah , le traître !
L'un de nous ( par amitié , nous ne dirons pas qui !) apporte traîtreu-sement une autre description du coq . Vous allez voir :
 .... Plus haut, entre les deux brancards d'une charrette,
Un gros coq satisfait, gavé d'aise, assoupi,
Hérissé, l'œil mi-clos recouvert par la crête,
            Ainsi qu'une couveuse en boule est accroupi.
 .... 
(J.Richepin)  
 
  
 
Alors , ma Poule ?? Toujours aussi séduisant , le volatile ???


        Et pendant ce temps-là , à Bourg-en-Bresse :

    

un artiste a réalisé cette immense "cocotte-en-papier" de métal ( on est au pays du Poulet-de-Bresse ; appellation d'origine contrôlée , s'il-vous -plaît ! ) .
Il y est écrit une maxime pleine de sagesse :

"L'oeuvre est à l'artiste ce que l'oeuf est à la poule ."

Qu'en pensent les coqs du coin ? il y aurait de quoi finir dans le vin , non ?
NB: allez donc visiter Bourg-en-Bresse , jolie ville , avec , jusqu'au 18 septembre plus de 30 immenses sculptures de poulets dans les rues !!