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INDEX                       Tout sur nous ?

Ecrivez-nous : unmomentdecalme@aol.com

* dire "Merci" à sainte Rita

* autre Ex Voto de remerciement

Sur le Page Tendresse on vous parle , on vous y fait sourire , on vous réconforte ... et vous y trouvez le "moment-de calme"qu'il vous faut .
Pour y jaser amicalement de la vie qui
va , juste un petit mail de 2 ou 3 lignes .

Avec toutes ces voitures , dans les pages précédentes il y eu beaucoup de bruit finalement , et nous , le bruit ce n'est pas notre "tasse de thé" comme dirait Lady Patricia .
D'autant plus que le vrombissement est assez traître .
Et son verbe ( intransitif ) encore plus .
Sans tricher , là tout-de-suite , pouvez-vous dire quel est ce verbe ? Vombrir ? Vrombrir ? ... c'est rocailleux à souhait mais ce n'est pas çà Le bon verbe c'est vrombir .
Drôle de mot , tout-de-même , mais figurant au dictionnaire de l'Académie Française , donc officiellement français . Sa "traçabilité" , comme on dit maintenant pour le camembert ou le jambonneau , est cependant assez incertaine . On ne le rencontre guère avant le début du XXème siècle , pour désigner le bruit vibrant de gros insectes .


NB : pour les lecteurs pieux , page 211 et suivantes , vous trouverez tout ( ou presque ) sur la vie de Sainte Rita de Cascia  la sainte des cas impossibles et déses-pérés , très amie des abeilles , vrombisseuses émérites !

Finalement , cet assourdissant vrombissement n'est qu'une onomatopée , et pas des plus réussies musicalement parlant , passée de l'activité quotidienne , à la force des ailes , de divers insectes du style bombardier , au bruit que fait tout moteur normalement constitué pour peu qu'on lui donne le carburant qu'il faut et l'accélération idoine , quitte à se "noyer" bêtement après un ou deux hoquets indignés .( Ouf .)
Laissons-là ce vil bruit et passons à plus subtil .

Le zonzonnement peut-être ?
Comment çà , vous ne connais-sez pas ??  Mais , ça vient du mot "zonzon"connu depuis le milieu du XVIIème siècle !
Vous ne vous en souvenez pas non plus ?
A l'origine c'était le bruit que faisait un coup de bâton bien appliqué : "...et zon !" ( on pourrait aussi dire "vlan" mais "zon" vous a un petit parfum de "correction- frappante" assez inimitable ).
Fut un temps le bâton servait beaucoup , pour se défendre comme pour attaquer ou punir . 
Molière l'a mis en scène sans hésitation : Scapin et le Médecin malgré lui , entre autres ....



... plus tard , Guignol ne s'en privera pas non plus ! ...  et zon !

Comme on ne donnait plus trop de coups de bâton dans la vie courante ( tout au moins dans les pays civilisés ) au XXème siècle le "zonzon" , par similitude auditive , revint dans le langage imagé pour signifier un bourdonnement , un bruit confus et désagréable .
Quelque chose qui vous entre dans la tête malgré vous .
Certains même , en mal de représentation imagée du cafard - le bourdon , voire la dépression -
( la bête noire personnelle de ce site, vous le savez )
utilisèrent l'expres-sion : avoir le zonzon ; et voilà notre coup de bâton propulsé dans le monde ténébreux de la psychiâtrie ! Le pauvre .
Pas beaucoup de succès , finalement , ce pauvre zonzon ; et pourttant il existe aussi un verbe zonzonner , essentiellement rattaché à la gent moustique ...
mais avec le chikungunya , c'est la crise aussi chez les moustiques : on les bousille
( à l'origine , construire avec de la boue , vite et mal ; devenu plus tard le symbole d'une  destruction sauvage et rapide ! ) à qui mieux mieux , alors vous pensez , leur zonzonnement n'intéresse vraiment plus personne  
Encore un mot qui meurt . Au moins temporairement , car il suffira qu'un "people" le remette à la mode pour que ça reparte .  Patience .
Ayant échappé par bonheur au vombrissement des bolides de toutes sortes et au zonzon ( des moustiques ou de la dépression ) nous goûterons avec plaisir de petits bruits nettement plus sympathiques : le chuchotis , le friselis et même le frissonnement.
Leur nom est déjà est plus doux , plus amusant , voire plus coquin (à l'origine le "coquin" est un pauvre gueux , puis celui qui commet un méfait , le plus souvent peu grave ou amusant ; rien à voir avec nos très nobles Coqs ).
Le chuchotis :
ce petti bruit léger et prolongé d'une conversation à voix basse est le plus souvent sympathique ( sauf pour les angoissés chroni-ques : attention à la paranoïa ! ). Ce n'est pas parce que l'on chu-chote que l'on dit des méchance-tés ; les mots d'amour ne se disent bien "qu'au creux d'une oreille , tout bas , tout bas " , c'est le B-A-BA de la séduction , cha-cun sait celà .
Et puis , rassurons-nous >>>>>>

""L'imagination de l'homme , pas plus que la nature , n'accepte le vide .Où se tait le bruit humain , la nature fait jaser les nids d'oiseaux , chuchoter les feuilles d'arbres ,et murmurer les mille voix de la solitude ."  ...c'est notre bon Victor ( Hugo )qui l'a remarqué . Alors ....
Il faut reconnaître qu'il sait regarder , écouter et sentir . il fait aussi très bien parler toute chose. Vous souvenez-vous de ses "Contemplations" ?
De ceci , par exemple ?.........>>>>>

Par-dessus l'horizon aux collines brunies,
Le soleil, cette fleur des splendeurs infinies,
Se penchait sur la terre à l'heure du couchant;
Une humble marguerite, éclose au bord d'un champ,
Sur un mur gris, croulant parmi l'avoine folle,
Blanche épanouissait sa candide auréole;
Et la petite fleur, par-dessus le vieux mur,
Regardait fixement, dans l'éternel azur,
Le grand astre épanchant sa lumière immortelle.
«Et, moi, j'ai des rayons aussi!» lui disait-elle
.
                                     
                   
   ( les Contemplations  - XXV )

©

NB : ne vous étonnez pas de voir une page sur le chuchotis illustrée par un lapin fondu de bel canto ; d'après Lulu ( experte en com- munication inter-espèces comme chacun sait ) le lapin moyen émettrait un délicat chuchotis quand les carottes sont bien sucrées . Si elle le dit .....

Choisissez !
Friselis ou Frisselis ?
ou bien encore le Frissoulis ?
çà , c'est tout léger , gracieux , agréable : un petit mouvement , juste une ride sur l'eau , accom-pagné d'un doux bruissement .

 
"un frisson d'eau
sur de la mousse"
( Verlaine )

Il y aurait de quoi émettre " une succession de petits bruits" ,autre-ment dit ...de quoi jaser de plaisir !
C'est un verbe qui a une fâcheuse tendance à se dépraver , malheu-reusement , disons-le (tout bas , en chuchotant ).
* c'était d'abord le chant de l'oiseau ; bon , là rien à redire .
* ensuite il s'est spécialisé dans le "chant" de la pie : un peu discor-dante cette bavarde ... mais il faut de tout pour faire un monde .
* puis il s'est "humanisé" : d'abord , mine de rien , pour évoquer le babil de l'enfant , puis , faisant preuve d'une coupable indiscrétion , il
a révélé de nombreux secrets et  véhiculé d'encore plus nombreux jugements et médisances aussi acérés qu'injustifiés .
Pas bien beau tout çà .
Nous , nous préférons , et de loin , quand il est le fait de nos cousins les Canadiens . Chez eux , quand on jase , c'est que l'on parle avec les autres , de tout et de rien , de la vie qui va , avec simplicité et gentillesse. Ecoutez Gilles Vigneault qui chante les Gens de son pays , ceux qui jasent de tout leur grand coeur !

Jasons avec le poète :
Comment je l'imagine ?
Eh bien, je ne sais pas...
Peut-être enfant, très blonde, et tenant dans ses bras
Des branches de glycine ?
Peut-être plus petite encore, ne sachant
Que sourire et
jaser dans un berceau penchant
Sous les doigts d'une vieille femme qui fredonne...
( Sabine Sicaud .  La Paix )

 

Voici un superbe extrait des Contemplations . Victor Hugo sait que les arbres "Les grands arbres profonds qui vivent dans les bois, " l''observent et l'ont même surnommé "le rêveur " et voici sa réponse :
 
Oui, je suis le rêveur; je suis le camarade
Des petites fleurs d'or du mur qui se dégrade,
Et l'interlocuteur des arbres et du vent.
Tout cela me connaît, voyez-vous. J'ai souvent,
En mai, quand de parfums les branches sont gonflées,
Des conversations avec les giroflées;
Je reçois des conseils du lierre et du bleuet.
L'être mystérieux, que vous croyez muet,
Sur moi se penche, et vient avec ma plume écrire.

J'entends ce qu'entendit Rabelais; je vois rire
Et pleurer; et j'entends ce qu'Orphée entendit.
Ne vous étonnez pas de tout ce que me dit
La nature aux soupirs ineffables. Je cause
Avec toutes les voix de la métempsycose.

 
Avant de commencer le grand concert sacré,
Le moineau, le buisson, l'eau vive dans le pré,
La forêt, basse énorme, et l'aile et la corolle,
Tous ces doux instruments, m'adressent la parole;
Je suis l'habitué de l'orchestre divin;
    

J'ai fini, grâce au calme en qui je me recueille,
A force de parler doucement à la feuille,
A la goutte de pluie, à la plume au rayon,
Par descendre à ce point dans la création,
Cet abîme où frissonne un tremblement farouche,
Que je ne fais plus même envoler une mouche!

Le brin d'herbe, vibrant d'un éternel émoi,
S'apprivoise et devient familier avec moi,
Et, sans s'apercevoir que je suis là, les roses
Font avec les bourdons toutes sortes de choses;
Quelquefois, à travers les doux rameaux bénis,
J'avance largement ma face sur les nids,
Et le petit oiseau, mère inquiète et sainte,
N'a pas plus peur de moi que nous n'aurions de crainte,
Nous, si l'oeil du bon Dieu regardait dans nos trous;
Le lys prude me voit approcher sans courroux,
Quand il s'ouvre aux baisers du jour; la violette
La plus pudique fait devant moi sa toilette;
Je suis pour ces beautés l'ami discret et sûr
Et le frais papillon, libertin de l'azur,
Qui chiffonne gaîment une fleur demi-nue,
Si je viens à passer dans l'ombre, continue,
Et, si la fleur se veut cacher dans le gazon,
Il lui dit: «Es-tu bête! Il est de la maison.»
 

NB : ne chuchotons pas qu'il a bien du talent ... disons-le très haut !