Page précédente

Page suivante

INDEX                       Tout sur nous ?

Ecrivez-nous : unmomentdecalme@aol.com

* dire "Merci" à sainte Rita

* autre Ex Voto de remerciement

Allez à tire-d'aile sur la Page Tendresse quand vous avez besoin d'un petit grain d'espoir ou de sagesse . Si vous voulez y ajouter le vôtre : un petit mail de 2 ou 3 pages , pas plus .

Oiseaux

Lulu ne se fait plus de mouron pour ses petits amis les oiseaux , maintenant qu'ils sont revenus ( après une orgie de chips ).

Du coup elle a absolument voulu nous réciter un poème de Jean Richepin  : "du mouron pour les p'tits oiseaux ", qui lui rappelle son enfance paraît-il
( ou celle de sa grand'mère plutôt , non ? ).
Qui sait , s'il ne vous rappellera pas , à vous aussi , ce que l'on vivait réellement autrefois ?....

Grand'mère, fillette et garçon
Chantent tour à tour la chanson.
Tous trois s'en vont levant la tête :
La vieille à la jaune binette,
Les enfants aux roses museaux.
Que la voix soit rude ou jolie,
L'air est plein de mélancolie :
Du mouron pour les p'tits oiseaux !

                                                 >>>
 

Le mouron vert est ramassé
Dans la haie et dans le fossé.
Au bout de sa tige qui bouge
La fleur bonne est blanche
et non rouge.
Il sent la verdure et les eaux ;
Il sent les champs et l'azur libre
Où l'alouette vole et vibre.
Du mouron pour les p'tits oiseaux

                                             >>>>
 

C'est ce matin avant le jour
Que la vieille a fait son grand tour.
Elle a marché deux ou trois lieues
Hors du faubourg, dans les banlieues,
Jusqu'à Clamart ou jusqu'à Sceaux.
Elle est bien lasse sous sa hotte !
Et l'on ne vend qu'un sou la botte
Du mouron pour les p'tits oiseaux !

                                                 >>>
 

Les petits trouvant le temps long
Traînent en allant leur talon.
La soeur fait la grimace au frère
Qui, sans la voir, pour se distraire,
Trempe ses pieds dans les ruisseaux,
Tandis qu'au cinquième peut-être
On demande par la fenêtre
Du mouron pour les p'tits oiseaux !

                                                  >>>
 

Mais la grand'mère a vu cela.
Un sou par-ci, deux sous par-là !
C'est elle encor, la pauvre vieille,
Qui le mieux des trois tend l'oreille,
Et dont les jambes en fuseaux,
Quand à monter quelqu'un l'invite,
Savent apporter le plus vite
Du mouron pour les p'tits oiseaux !

                                             >>>>>
 

Un sou par-là, deux sous par-ci !
La bonne femme dit merci.
C'est avec les gros sous de cuivre
Que l'on achète de quoi vivre,
Et qu'elle, la peau sur les os,
Peut donner, à l'heure où l'on dîne,
A son bambin, à sa bambine,
Du mouron pour les p'tits oiseaux !


 

 
(celle-ci vous la connaissez : elle est à Chiaravalle della Colomba ).

       

©

                  Le rêve du héron bleu

Dès l'aube un héron s'est figé comme un jonc
Sur le bord du lac vierge où son image plonge.
On le dirait surpris par le philtre d'un songe,
Évadé du réel, béat sur son pied long.

Oh ! bien loin de rêver, ce calme et beau héron
Fait devant l'onde grave un geste de mensonge.
Dans l'immobilité que sa ruse prolonge
Rien des flots recueillis n'échappe à son oeil rond.

Qu'une carpe imprudente anime l'eau tranquille
Et prompt à la saisir avec son bec agile ,
Il fera de sa vie errante , son festin.

Qu'importe à ce guetteur ce noble paysage ?
Seul un désir brutal remplit son coeur sauvage,
Et, svelte dans l'aurore , il incarne la Faim
.
                                     
Albert FERLAND

Connaissez-vous cet autre poème ? >>>>>
- C'est du vécu , mais
c'est beau " - dit "notre bon Docteur" qui n'a pas le sens poétique de Lulu .

 

Un jour, sur ses longs pieds, allait je ne sais où,
Le Héron au long bec em-manché d'un long cou./...

                       La Fontaîne

Sans VERLAINE la poésie ne serait pas ce qu'elle est ....

La Belle au Bois dormait. Cendrillon sommeillait.
Madame Barbe-bleue ? elle attendait ses frères ;
Et le petit Poucet, loin de l'ogre si laid,
Se reposait sur l'herbe en chantant des prières.

L'Oiseau couleur-du-temps planait dans l'air léger
Qui caresse la feuille au sommet des bocages
Très nombreux, tout petits, et rêvant d'ombrager
Semaille, fenaison, et les autres ouvrages.

Les fleurs des champs, les fleurs innombrables des champs,
Plus belles qu'un jardin où l'Homme a mis ses tailles,
Ses coupes et son goût à lui, - les fleurs des gens ! -
Flottaient comme un tissu très fin dans l'or des pailles,

....... Voici :La Belle au Bois dormait...

Et, fleurant simple, ôtaient au vent sa crudité,
Au vent fort, mais alors atténué, de l'heure
Où l'après-midi va mourir. Et la bonté
Du paysage au coeur disait : Meurs ou demeure !

Les blés encore verts, les seigles déjà blonds
Accueillaient l'hirondelle en leur flot pacifique.
Un tas de voix d'oiseaux criait vers les sillons
Si doucement qu'il ne faut pas d'autre musique...


Peau d'Ane rentre. On bat la retraite - écoutez ! -
Dans les Etats voisins de Riquet-à-la-Houppe,
Et nous joignons l'auberge, enchantés, esquintés,
Le bon coin où se coupe et se trempe la soupe !

"Celui qui prie est un
aigle intrépide , qui approche du soleil et
qui plane ."
            le St Curé d'Ars
Fais comme l'oiseau , ne pleure pas sur les fleurs tombées .
"Un oiseau , c'est une idée dans l'air "
              
     J. Rollin
"Je te salue , oiseau de la tendresse ,
Oiseau des premières caresses ..."  J.Prévert