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* dire "Merci" à sainte Rita

* autre Ex Voto de remerciement

la Page Tendresse fleurit toute l'année mais reste modeste !
Pour l'enrichir , pas besoin d'être poète , juste humain ( un petit mail de 2 ou 3 lignes suffit ).

 

Une hirondelle ne fait pas le Printemps dit-on , mais en Italie (et en Russie) on appelle la pervenche "l'hirondelle du jardin "....parce qu'elle arrive au tout début du Printemps et s'obstine à fleurir les bordures et les sous-bois ( en prenant de bons coups de froid ).
Victor Hugo lui-même ne s'y est pas trompé :
"   .../...c'est la revanche
Qu'avril contre l'hiver prend avec la pervenche ;
Courage, avril ! Courage, ô mois de mai !
"
 

Le cher Victor ( Hugo ! ....selon l'habitude  de l'inoubliable ...  Luciano  ) a chanté bien d'autres fois la charmante pervenche :

L'Église
.../...C'était l'église en fleurs, bâtie
Sans pierre, au fond du bois mouvant,
Par l'aubépine et par l'ortie
Avec des feuilles et du vent.

Le porche était fait
de deux branches,
D'une broussaille et d'un buisson;
La voussure, toute en pervenches,
Était signée: Avril, maçon.

Dans cette vive architecture,
Ravissante aux yeux attendris,
On sentait l'art de la nature;
On comprenait que la perdrix,

Que l'alouette et que la grive
Avaient donné de bons avis
Sur la courbure de l'ogive,
Et que Dieu les avait suivis.
.../...

Alphonse ( de Lamartine ! ) pour une fois n'a pas trop larmoyé sur la pervenche :
 

Pâle fleur, timide pervenche,
Je sais la place où tu fleuris,
Le gazon où ton front se penche
Pour humecter tes yeux flétris !

C’est dans un sentier
qui se cache
Sous ses deux bords de noisetiers,
Où pleut sur l’ombre qu’elle tache
La neige des fleurs d’églantiers

L’ombre t’y voile, l’herbe égoutte
Les perles de nos nuits d’été,
Le rayon les boit goutte à goutte
Sur ton calice velouté

Une source tout près palpite,
Où s’abreuve le merle noir;
Il y chante, et moi j’y médite
Souvent de l’aube jusqu’au soir.

O fleur, que tu dirais de choses
A mon amour, si tu retiens
Ce que je dis à lèvres closes
Quand tes yeux me peignent les siens .

Ce bon Victor ( encore lui ! ) nous  révèle même un secret : la pervenche murmure tendrement :
 
"…/… au fond des bois le daim passe en rêvant ;
A quelque être ignoré qui flotte dans le vent
La pervenche murmure à voix basse : je t'aime !"
 

François Coppée , lui , évoque Jean-Jacques Rousseau qui prend les pervenches ... bien longtemps à l'avance , pour la petite madeleine de Proust ; il le fait très bien , vous allez voir :
 

De même que Rousseau jadis fondait en pleurs
À ces seuls mots : « Voilà de la pervenche en fleurs, »
Je sais tout le plaisir qu'un souvenir peut faire.
Un rien, l'heure qu'il est, l'état de l'atmosphère,
Un battement de coeur, un parfum retrouvé,
Me rendent un bonheur autrefois éprouvé.
C'est fugitif, pourtant la minute est exquise.
Et c'est pourquoi je suis très heureux à ma guise
Lorsque, dans le quartier que je sais, je puis voir
Un calme ciel d'octobre, à cinq heures du soir.
  Finalement , nous ,nous préférons ce bonheur tout simple .

Voulez-vous plus charmant encore ?

Au fond des yeux de Bécassine
Deux pervenches prenaient racine ,
Si belles que Sémiramis
Ne s'en est jamais bien remis',
Et les grands noms à majuscules ,
Les Cupidons à particules
Auraient cédé tous leurs acquêts
En échange de ce bouquet .
Au fond des yeux de Bécassine ,
Deux pervenches prenaient racine ...

Çà , c'est du Brassens !

Chantons encore , avec M.Laforêt  "aux marches du palais..." :
 .../... « La belle, si tu voulais, (bis)
Nous dormirions ensemble, lon-la
Nous dormirions ensemble.

Dans un grand lit carré, (bis)
Couvert de toiles blanches, lon-la
Couvert de toiles blanches.

Aux quatre coins du lit, (bis)
Un bouquet de pervenches, lon-la
Un bouquet de pervenches.

(...) Et nous y dormirions (bis)
Jusqu'à la fin du monde, lon-la
Jusqu'à la fin du monde. »

©



 Bourvil .
Très , très grand artiste .
Qui ne l'aimait pas ?
Ecoutez-le vous chanter :
"le voleur de pervenches"

Le voleur de pervenches
Il est encore en prison
Il a volé deux pervenches
Pour en faire deux chansons
Il a fait la première
Pour le beaux yeux de Sylvie
La deuxième pour sa mère
Les deux femmes de sa vie

Bienheureux le voleur
Quand il vole des fleurs
Pour l'amour et le coeur

La, la, la, la . ..

Le voleur de pervenches
A le coeur en liberté
Les prisons sans dimanche
N'empêchent pas d'aimer
Et pour sa récompense
Un miracle est arrivé
Car il pleut des pervenches
La prison s'est écrasée

Bienheureux prisonnier
Ton amour t'a payé

D'un printemps tout entier

La, la, la, la . ..


Le voleur de pervenches
S'est enfui de sa prison
Il a des fleurs dans les manches
Et l'printemps aux talons
Toutes ces fleurs pour sa mère
Pour Sylvie et ses beaux yeux
Il a fleuri toute la terre
Les printemps sont toujours bleus
La, la, la, la . ..

Et puisque ,aujourd'hui , la pervenche nous énivre de poésie , c'est l'occasion de relire un des merveilleux
Poèmes à Lou , d'Apollinaire :
   

 Mon Lou ma chérie Je t’envoie aujourd’hui la première pervenche
Ici dans la forêt on a organisé des luttes entre les hommes
Ils s’ennuient d’être tout seuls sans femme faut bien les amuser le dimanche
Depuis si longtemps qu’ils sont loin de tout ils savent à peine parler
Et parfois je suis tenté de leur montrer ton portrait pour que ces jeunes mâles
Réapprennent en voyant en voyant ta photo
Ce que c’est que la beauté
Mais cela c’est pour moi c’est pour moi seul
Moi seul ai droit de parler à ce portrait qui pâlit
À ce portrait qui s’efface
Je le regarde parfois longtemps une heure deux heures
Et je regarde aussi les deux petits portraits miraculeux
Mon cœur           

 

La bataille des aéros dure toujours
La nuit est venue
Quelle triste chanson font dans les nuits profondes
Les obus qui tournoient comme de petits mondes
M’aimes-tu donc mon cœur et mon âme bien née
Veut-elle du laurier dont ma tête est ornée
J’y joindrai bien aussi de ces beaux myrtes verts
Couronne des amants qui ne sont pas pervers
En attendant voici que le chêne me donne
La guerrière couronne

Et quand te reverrai-je ô Lou ma bien-aimée
Reverrai-je Paris et sa pâle lumière
Trembler les soirs de brume autour des réverbères
Reverrai-je Paris et les sourires sous les voilettes
Les petits pieds rapides des femmes inconnues
La tour de Saint-Germain-des-Prés
La fontaine du Luxembourg
Et toi mon adorée mon unique adorée
Toi mon très cher amour ...