Page précédente

Page suivante

INDEX                       Tout sur nous ?

Ecrivez-nous : unmomentdecalme@aol.com

* dire "Merci" à sainte Rita

nouveau : dire Merci à
saint Antoine de Padoue

* autre Ex Voto de remerciement

La Page Tendresse rit et pleure tout à la fois , comme le coeur humain . Allez y reprendre courage et émotion .
Pour l'enrichir , un petit mail de 2 ou 3 lignes suffit .

 

on a des idées
et du talent à ....
La proximité de la richissime Venise , la présence d'un fleuve puissant et navigable n'attendant que des moulins et des entrepôts,
et quelques petits coups de pouce de la destinée ( comme la donation généreuse de territoires bien situés par un évêque soudainement inspiré de sentiments altruistes , avec le droit d'y commercer ) ainsi que l'énergie indéfectible de ses habitants ont fait le succès et la fortune de Portogruaro .
Ça fait plaisir de voir des gens réussir ( surtout quand ça ne va pas trop bien partout ... ).
Naturellement il y eut quelques envieux , aigris et de mauvaise foi , qui se gaussèrent ( pourtant à l'origine , "gautium" c'était la joie , chez les Latins !... il faut croire qu'ils avaient bon coeur , eux ! ).
On accusa donc les habitants de Portogruaro de vouloir devenir des Vénitiens . Ouh!...les jaloux .


Ordralfabetix ?

Pas si sûr ... c'est peut-être bien un pêcheur de Portogruaro , d'il y a quelques siècles , vendant le produit de sa pêche ?
La petite friture , les écrevisses , crevettes , coques , calamars , moules , morue ...abondaient et un restaurant de la ville prépare encore de nos jours une savoureuse polenta entourée d'un odorant mélange de tous ces fruits de la mer et des eaux , savamment accommodés avec les épices venus de Venise .
Bien entendu le célèbre "risi -bisi" qui faisait le régal des Doges n'est pas dédaigné ( ce n'est pas parce qu'ils sont des voisins prestigieux qu'ii faut dédaigner les trouvailles des Vénitiens ! ).
La "pasta e fagioli"se taille aussi un franc succès , avec une variété prestigieuse de haricots , paraît-il.
Tout ce qui peut se griller , se farcir , se dorer , se mijoter , bénéficie de la fraîcheur d'une  riche production régionale qui a su rester depuis l'origine de dimension raisonnable .

Le commerce marchant bien , on vit fleurir un peu partout des échoppes d'artisans et de sympathiques "estaminets" , ne rivalisant certes pas avec ceux de la place saint Marc , mais fréquentés avec un jovial enthousiasme au retour au port
( peut-être ? ) mais aussi aux heures chaudes de la journée .
Il fait bon siroter un odorant "caffè" sous les arcades et y retrouver collègues et amis ( on a vu çà aussi sous les arcades de Carpi , grâce aux photos de Lulu ).

Cette recherche des petits plaisirs de la vie quotidienne alimenta évidemment la hargne des envieux . Tant pis pour eux .
En fait , on ne pensait pas qu'à accumuler et à dépenser ses richesses , à Portogruaro .
Dans cette petite ville étonnante la solidarité s'exerçait ( avant la lettre et la mode ! ) . Pour tenter de remédier à l'inévitable inégalité de la répartition des richesses ,
du pain et divers aliments étaient vendus à bas prix aux plus pauvres dans  certains entrepôts .


On croirait rencontrer , sous les arcades , ceux qui ont fondé cette  ville prospère et humaine .

Il faut imaginer le ballet des grosses barques assurant , chargées à ras-bords, l'aller-et-retour vers Venise , et les charrettes assurant les trajets terrestres vers le nord et les frontières du pays .
Tout celà attirait les envahisseurs , et les voleurs .
Déjà que Portogruaro était techniquement , par sa position géogra-phique , située sur les parcours naturels descendant des pays limitrophes ... vous imaginez le problème !
De solides portes furent érigées , avec de fortes tours et protégèrent efficacement la ville . On en trouve encore des vestiges impres-sionnants .
Mais comment s'opposer aux bâteaux qui tentaient d'arriver jusqu'au coeur prospère de cette petite Venise ?
Un solide réseau de chaînes ( "le rateau" ) permit de contrôler les bâteaux en approche de la ville .
Les entrepôts , quant à eux , abritaient mais aussi protégeaient efficacement les marchandises des ruses des voleurs .
Ce n'est pas rien , parfois que de faire plus envie que pitié !
 

Passons prudemment sur l'histoire , commencée vers 1100 , de Portogruaro .
Cette petite ville bien tentante fit partie  du Frioul , de la République de Venise , de l'Autriche , du royaume d'Italie , des conquêtes de Napoléon
, à nouveau de l'Autriche , etc...etc...
avec des fortunes diverses mais toujours une volonté et un courage remarquables .
Quand enfin fut proclamée l'unité de l'Italie ( on vient de fêter son cent-cinquantenaire ) c'est avec enthousiasme que les emblêmes autrichiens furent brûlés !

....et c'est à cette occasion que s'illustra : le chien patriote !
Les restes du bûcher n'étaient plus que des braises fumantes que l'on vit s'approcher , d'un pas décidé , un brave Toutou jusque là inconnu , qui , levant la patte très haut , se mit à les noyer avec une telle fougue que chacun l'applaudit et que l'on raconte encore son exploit !

Vraiment , Portogruaro est une cité étonnante !

©

Ingénieux , imaginatifs , curieux , les habitants de Portogruaro se sont vite dit  que sur leur territoire et les communes voisines on devait pouvoir retrouver des traces d'un passé fort riche .
Ils ne se sont pas trompés , au point qu'ils ont pu ouvrir un petit Musée Archéologique pour lequel ils n'ont retenu que le plus beau , comme ils le font à peu près dans tous les domaines .
Les innombrables "passages" d'autres peuples au cours du temps ont enrichi ces découvertes

Certaines pièces sont fort belles :

 

Et le sport ? il se porte bien merci.
On va volontiers gagner un match de foot sur le terrain d'une commune voisine ... MAIS on transfome  le stade en vélodrome!
C'est le seul de la région
 et Fausto Coppi y aurait fait de multiples tours de piste . C'est bien pourquoi chacun est bien persuadé que l' âge d'or du cyclisme italien va y renaître .Ce n'est qu'une question de temps.

Il y aurait encore beaucoup à découvrir sur les beautés et les singularités de Portogruaro .
l'un de ses aspectts les plus sympathiques est probablement
le festival de la poésie !
Elle est partout cette poésie .
On s'en occupe à l'école , dans les associations , les bibliothèques , les fêtes ... on organise pour les petits des goûters au cours des-quels on leur raconte les beautés de l'Histoire tout en leur faisant déguster de petits gâteaux faits à la mode antique ! Quelle belle idée !

Et puis on passe à la phase active du Festival qui accueille des dizaines de poètes et artistes de toutes disciplines capables d'expri-mer la poésie du monde.
Parfois celà se passe sous les étoiles dans le jardin d'une belle demeure et à la fin de la soirée , l'hôte régale l'assemblée de ses propres poèmes ( et d'un petit verre réconfortant ! ).
On y a même inventé le SLAM de la Poésie ! ... Peu de choses échappent à l'esprit de Portogruaro . Tenez , pour cette année , l'un des thèmes retenus est
" A l'occasion de la crise , la crise comme occasion " !! C'est dire ! Cet esprit sensible et frondeur nous plaît ....

A Portogruaro , tout a bien plu à Lulu qui évoque Verlaine en riant :

 Des yeux tout autour de la tête
Ainsi qu'il est dit dans Murger.
Point très bonne. Un esprit d'enfer
Avec des rires d'alouette.

Sculpteur, musicien, poète
Sont ses hôtes. Dieux, quel hiver
Nous passâmes ! Ce fut amer
Et doux. Un sabbat ! Une fête !

Ses cheveux, noir tas sauvage où
Scintille un barbare bijou,
La font reine et la font fantoche.

Ayant vu cet ange pervers,
" Oùsqu'est mon sonnet ? " dit Arvers,
Et Chilpéric dit : " Sapristoche ! "

                      Si vous allez à Venise , faites un tout petit détour : c'est Portogruaro et sa magie ! Inoubliable .