...pied à pied

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On vous l'avait bien dit , page précédente , que nous n'en avions pas fini avec le pied ....ce n'est pas pour autant que nous nous prendrons au sérieux , rassurez-vous .
T'as vu mes poulaines ?
Le pied , même s'il est un mignon "petit peton" chez le bébé ...ou chez Valentine , n'est pas resté tout nu très longtemps ...probablement parce que les pierres des steppes ou des chemins étaient coupantes , mais peut être aussi parce que c'était là l'occasion de se parer , d'aguicher , de paraître .
La poulaine a battu des records , au Moyen Âge .
Des records de longueur et de folie .
Bien entendu celà a fini par irriter l'Eglise...et les Seigneurs du coin  , jaloux de ce que n'importe qui puisse les battre à peu de frais en  ce domaine . Si bien qu'une commission ad hoc édicta un règlement (déjà !) indispensable : la longueur des poulaines !
* 15 cm pour les roturiers , et pas un de plus ;
* 4 fois plus (il faut bien ça ) pour les nobles ( princes et rois mis à part naturellement , au-dessus de tout règlement par essence ).
Ouf , c'était ...un grand pas...vers la civilisation !
Faut-il vraiment s'affoler parce que l'on ne suit pas la mode ?... ou que l'on n'est plus à la mode?... Relax !
...et mes arteils ?
C'est ainsi qu'ils se nommaient autrefois . Ils devraient revendiquer car dire "orteils" c'est négliger la reconnaissance de leur fonction éminemment "articulaire" : 3 articulations chacun (sauf le pouce ) pour 3 fois rien de longueur , tout de même !...et , de nos jours ... " respect " ....est le maître mot ( l'intention est bonne , l'application encore un peu hasardeuse ).
...et ma paire de chaussures ?? ...hein ?
Quelle épopée , celle de  la chaussure .
Des hautes ( avec talon rouge chez les nobles ) , des plates chez les paysans (qu'on appelait les "pieds plats" du coup )...de tous les styles , de toutes les formes....mais pareilles à gauche et à droite ( oh lala !...le confort ) jusqu'à la Révolution environ (pour éviter l'usure asymétrique , on les changeait de pied tous les jours ) ...comme quoi la Révolution a marqué un virage décisif en politique .
Même Cyrano en fait un bon mot au cours de son algarade avec un certain vicomte:
Cyrano : - Je n'ai pas de gants ?...la belle affaire !
Il m'en restait un seul...d'une très vieille paire !
- Lequel m'était d'ailleurs encor fort importun :
Je l'ai laissé dans la figure de quelqu'un .
Le vicomte : - Maraud , faquin , butor de pied plat ridicule !
Cyrano (ôtant son chapeau et saluant comme si le vicomte enait de se présenter) : - Ah ?   Et moi , Cyrano Savinien-Hercule
de Bergerac .

Sur le sable de la plage
(d'après un auteur sud-américain , mais qui ??....)

Au soir de sa vie , un vieil homme cheminait sur le sable , le long des vagues d'une longue plage . Se retournant , il contempla cette longue trace .
Fatigué , il s'enroula dans son manteau et s'endormit . Il rêva .
Il était tout en haut d'une haute falaise d'où il voyait la plage à perte de vue . Sa trace était à peu près droite , mais il y avait quelques trous dans lesquels il était tombé et des obstacles qu'il avait fallu contourner . En regardant mieux il vit que , presque partout , en fait , il y avait deux traces de pas .
- Mais qui a marché ainsi à mon côté si longtemps ? Les traces de ma famille et de mes amis , je les vois , elles s'écartent toutes ou disparaissent peu à peu , une seule reste à côté de la mienne . Qui marche à côté de moi ?
- C'est moi , dit une voix douce . (C'était Dieu...c'est comme çà dans les rêves).
- Ahah ?...s'émerveilla le vieil homme .-  Depuis que je suis né ?
- Eh oui , Je suis comme çà , fidèle - dit le Seigneur - tu ne le savais pas ?
- Si , si....mais , je voudrais Vous poser une question , tout de même .
- Fais donc ! Que veux-tu savoir ?
- Eh bien , là , et là encore , Vous voyez , aux passages les plus difficiles de ma vie , on ne voit qu'une seule trace...alors , Vous n'étiez pas là ?
- Mais si - dit Dieu en éclatant de rire - ...mais dans ce moments-là , la trace que tu vois , c'est la mienne ....toi , je te portais dans mes bras ."
...pour que votre coeur ait le pied léger :
écrivez-nous : unmomentdecalme@aol.com
L'Amour en fraude
 ( Léon Dierx)

J'ai vu passer , l'autre matin ,
Un jeune Dieu dans la prairie ;
Sous un costume de féerie
Il sautillait comme un lutin .

Tout perlé d'or et d'émeraude ,
Sans arc , sans flèche et sans carquois ,
En chantonnant des vers narquois ,
Il s'en allait comme en maraude .
Il redonnait  , à chaque bond ,
L'onde aux ruisseaux , des fleurs aux rives ,
Des alouettes et des grives
Au saule creux et moribond .

Le fol Archer buveur de larmes ,
Pour une fois pris en défaut ,
A travers champs riait tout haut
De n'être plus qu'un fou sans armes !

Et singeant l'air d'un franc routier ,
Fier de trahir son roi morose ,
Il arborait un drapeau rose
Pour délivrer le monde entier !
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Un petit peu de latin , juste pour le plaisir ?
" pedibus cum jambis " : évidemment , vous connaissez .
  à pied... avec les jambes , non ?..;et non à cheval ou en voiture .
Autrement dit vraiment ...à pied...et l'on imagine ces pauvres romains parcourir les immenses voies romaines et pavées pour venir prendre la pâtée (pas la pattée ) chez Astérix et Obélix .
Les pauvres . L'enfer du Nord à pied et avant la lettre , pas moins .
La preuve , l'insistance de la répétition anatomique ....
Pas du tout !!...gardez votre commisération pour des causes plus méritantes :
c'est une invention de Forton , l'auteur des Pieds Nickelés , célèbre bande dessinée parue dans" L'Epatant " dans les années 1910 !
(NB : on ne devrait d'ailleurs pas dire les Pieds Nickelés , mais les Pieds Niclés , c'est-à-dire déformés !...Mais on ne va pas en rajouter , Ribouldingue , Croquignole et Filochard ayant déjà fort à faire .)